De la fierté malgré la défaite

Nicolas Guyonnet

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La défaite était presque oubliée hier sur la Comédie. Tout le monde préférait fêter la saison exceptionnelle. Des larmes sur les visages. Des joueurs abattus. Les Montpelliérains étaient inconsolables à la fin du match, samedi.
La défaite était presque oubliée hier sur la Comédie. Tout le monde préférait fêter la saison exceptionnelle. Des larmes sur les visages. Des joueurs abattus. Les Montpelliérains étaient inconsolables à la fin du match, samedi. —

Plus de trois mille supporters bleu et blanc sur la place de la Comédie ont fêté le Montpellier Hérault Rugby, hier après-midi. Les joueurs avaient le sourire, ils ont chanté avec le public. Mais il manquait quelque chose dans cette fête insolite. Un bout de bois. Celui du bouclier de Brennus.
Malgré leur défaite en finale du Top 14 au stade de France, samedi soir contre le Stade Toulousain (15-10), les rugbymen montpelliérains ont voulu fêter cette saison improbable. D'abord samedi soir dans la capitale, puis hier sur leurs terres. Improbable car le club visait le maintien au moment d'attaquer ses premiers matchs. Improbable car alors qu'habituellement ils sont en vacances depuis déjà un mois à pareille époque, les Montpelliérains viennent de terminer leur saison, un an et une semaine après avoir démarré la préparation de celle-ci.

Béchu : « Il a manqué 10 minutes »
Alors même si l'échec si près du but est difficile à avaler, les joueurs et le staff préféraient garder le sourire. « Certes c'est un sentiment mitigé, mais quand même, il y a beaucoup de joie à avoir réalisé cette saison », concédait hier Eric Béchu avant de regagner l'Ariège pour une mise au vert.
« On peut être vraiment fier de cette saison. Malgré la défaite il y a beaucoup de monde pour nous acclamer, et c'est énorme d'avoir fait déplacer plusieurs dizaines de milliers de supporters au Stade-Vélodrome en demi-finale et au Stade de France, ce week-end. C'est fantastique », sourit le capitaine Fulgence Ouedraogo.
La défaite contre Toulouse en finale n'a fait que renforcer cette image d'équipe vaillante et solide. « On n'a pas à rougir. On est sorti la tête haute », se félicite le capitaine. Son entraîneur Eric Béchu regrette lui : « Il nous a manqué dix minutes pour ramener bout de bois. On a beaucoup espéré. On a été champion de France pendant 70 minutes ».
La fin de saison est tragique, le MHR est passé tout près du fantastique, mais cela peut décupler leur envie pour la suite. Car Fulgence Ouedraogo prévient : « On a envie d'y regoûter, ça nous trotte déjà dans la tête ».