Citadins, citadines, cultivez un petit bout de jardin

M.M.

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Dans la famille « soyez Slow », je demande le jardinier paysagiste, Pierre-Alexandre Risser, capable de faire d'un rebord de fenêtre, d'un balcon ou d'une terrasse un havre de paix.
Ce spécialiste, connu pour avoir élaboré les jardins Kenzo et bientôt ceux, éphémères, de la Foire de Paris, l'assure : « La demande d'un espace vert est en constante augmentation ». Depuis quelques années, il constate « un vrai besoin en ville de retrouver les sensations d'être dehors ».
Mais le jardinier citadin est un être paradoxal qui veut des plantes sans mettre la main à la terre : « Les citadins sont guidés par une envie de profiter de leur jardin et s'étonnent à leur retour de vacances que les plantes soient mortes. Ils refusent les contraintes. »
Pourtant, le respect et l'attention donnés au vivant, le temps de sa culture, sont au cœur de la démarche Slow. « Le jardin se construit dans la durée. On a le droit de se tromper, et d'apprendre à faire mieux l'année suivante. Les plantes nous apprennent l'humilité ! » La sagesse est donc requise pour « le plaisir du toucher, de l'odeur, de la vue et du goût » que procure un (mini) jardin.
Question finances, « il y en a pour tous les prix », assure Pierre-Alexandre, qui invite à détourner les codes : « On peut faire de la récup avec toutes sortes de pots et boutures trouvées le long des chemins . Le mieux, c'est encore de regarder ce qui pousse chez les autres, d'aller frapper à leur porte et de savoir s'ils sont contents. »
Pierre-Alexandre invite les citadins pressés à cultiver leur tête autant que leurs plantes : « Un jardin ressemble à la personne qui s'en occupe, c'est une manière de se faire du bien et d'en faire à ceux qui nous entourent. »