une délicate Cure de minceur

Marika Mathieu

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Le secteur des cosmétiques fait des efforts, mais  reste encore attaché aux emballages imposants et luxueux.
Le secteur des cosmétiques fait des efforts, mais reste encore attaché aux emballages imposants et luxueux. —

Au cœur de millions de bouteilles, pots, tubes et écrins en tout genre célébrant la beauté éphémère, la pommade du développement durable pénètre très lentement. Car, « plus l'emballage est imposant et luxueux, plus on a l'impression qu'il protège un produit de qualité », indique Laurence Wittner, de l'Observatoire des cosmétiques, qui confirme les vieux réflexes du rayon parfumerie. Un sur­emballage et des matériaux de confection glam, mais peu adaptés au recyclage et à la défense de l'environnement.

Le suremballage boudé
La France, plus grand producteur mondial en cosmétiques, écoule chaque jour sur son sol 157 000 flacons de parfum, 525 000 bouteilles de shampoing ou encore 309 000 soins pour le visage. Le secteur représente 7 % du chiffre d'affaires de l'emballage en Europe et… 11 % en France. Selon Amarjit Sahota, directeur de l'Organic Monitor, centre de recherche en développement durable, « les entreprises se concentrent sur la composition des produits ou le commerce équitable, moins sur l'emballage, parent pauvre de leur démarche environnementale ». Le récent congrès PCD (Parfums, cosmétiques & design) s'est d'ailleurs terminé sur cette note : « L'emballage peut être un véritable déclencheur de vente. »
Mais les choses changent depuis deux ou trois ans et les fabricants proposent trois options : faciliter le recyclage avec un produit monomatière ou des pièces que l'on peut désolidariser ; miser sur une « deuxième vie » avec un coffret réutilisable ; utiliser des matériaux recyclés et limiter le gaspillage de papier en imprimant la notice sur le carton.
Une prise de conscience qui se généralise, selon Gilles Degroote, consultant chez Ethicity, en pleine finalisation de l'enquête « Les Français et la consommation responsable ». Ce sondage présenté hier démontre que, si 27 % des personnes interrogées déclarent éviter régulièrement les produits suremballés, la proportion atteint 32 % chez les femmes qui dépensent beaucoup en produits cosmétiques. Pour Gilles Degroote, l'attente des consommateurs reste le meilleur moyen de faire bouger les entreprises, car « un emballage peut rester sexy avec moins de packaging et plus de naturel ».