premier artiste mondain

Stéphane Leblanc

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«La femme est le plus beau des paysages », disait Kees Van Dongen (1877-1968). D'autant plus beau qu'elle a fait sa gloire. Car avant les années 1920, le peintre hollandais cherchait son style dans le fauvisme sans vraiment le trouver. Le musée d'Art moderne montre comment cet anarchiste proche de la bohème s'en est détourné dès qu'il s'est mis à fréquenter les milieux de la mode, plus friqués.

Longues jambes et fines silhouettes
« Dans les beaux quartiers, ses modèles changent et il se fait remarquer, raconte la commissaire Sophie Krebs. Car il est le seul à peindre les femmes en pied. » Ou plutôt tout en jambes, longues et fines. Et avec de grands yeux, pour accentuer leur regard, n'hésitant pas à grossir au besoin leurs bijoux. Ce qui plaisait beaucoup. « Il savait faire parler de lui, s'enthousiasme le directeur du musée Fabrice Hergott. Mais il a aussi rendu l'art accessible en peignant des beautiful people plus que des aristocrates, des femmes élégantes, des danseuses, des mondaines… » Ce que refera Andy Wharol cinquante ans après lui.

Pratique

De 5 à 10 €. Jusqu'au 17 juillet au musée d'Art moderne, 11, avenue du Président-Wilson, 16e. Tél. 01 53 67 40 00.www.mam.paris.fr.