Mitterrand en secret

Mélanie Carpentier

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Philippe Girard touche juste dans le rôle du vieux président.
Philippe Girard touche juste dans le rôle du vieux président. —

En 1981, peu après avoir été élu, François Mitterrand se découvre condamné par le cancer. En 1995, il achève son 2e septennat… Tout à la fois portrait et monument au mort, le spectacle Adagio [Mitterrand, le secret et la mort] qu'Olivier Py compose en l'honneur de l'ancien président de la République dit à la fois sa soif de pouvoir et sa souffrance, le corps qui se tord en privé et se dresse en public. « Menton relevé pour regarder l'histoire », sur les conseils d'un certain Jacques Séguéla.

Le roi se meurt
Entre vrais discours et confidences imaginaires, Py déroule sa partition mitterrandienne. Sept comédiens incarnent quelque trente personnages pour rejouer la grande histoire. Gorbatchev, Lang, Kouchner, Badinter… défilent. En coulisses, on se presse au chevet du roi qui se meurt. Refusant la morphine, obsédé par l'idée de « rater sa sortie », en quête de spiritualité : « Je ne sais pas si je vais mourir en chrétien, je n'ai pas encore tranché. » Sans jamais caricaturer celui que l'on a tant imité, Philippe Girard touche juste par ses inflexions de voix et de subtiles postures. Il est un Mitterrand cynique, drôle et touchant. Lucide aussi : « Après moi, il n'y aura que des comptables. »

Pratique

De 6 à 32 €. Jusqu'au 10 avril au théâtre de l'Odéon, 6e. Tél. 01 44 85 40 40.www.theatre-odeon.fr.