Les ingénieures ont la cote

delphine bancaud

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Dans les écoles d'ingénieurs, la proportion de femmes n'a augmenté que de 5 % en dix ans.
Dans les écoles d'ingénieurs, la proportion de femmes n'a augmenté que de 5 % en dix ans. —

Un mystère difficile à élucider. Alors que les jeunes filles représentent la moitié des effectifs en terminale scientifique, elles ne sont que 17 % à intégrer les écoles d'ingénieurs. « La proportion de femmes n'y a augmenté que de 5 % en dix ans », souligne Julien Roitman, président du groupement d'associations Ingénieurs et scientifiques de France. Une situation qu'il tente d'expliquer par un phénomène d'autocensure : « Certaines jeunes femmes doivent se dire que les métiers d'ingénieurs sont trop techniques pour elles et d'autres, qu'ils sont incompatibles avec une vie de famille. »

Les entreprises actives sur le sujet
Un déficit de mixité pour les postes d'ingénieurs qui n'est pas sans conséquence sur les entreprises. « Plusieurs études ont prouvé que le fait d'avoir des équipes diversifiées avait un impact positif sur leur productivité », explique Julien Roitman. Du coup, certains grands groupes réagissent et essayent d'attirer les femmes ingénieures par différents biais, à l'instar de la SSII GFI Informatique. « Nous comptons actuellement 25 % de femmes ingénieures, mais nous avons l'objectif de passer à 30 % dans les prochaines années, explique Catherine Hankiss, responsable du développement des ressources humaines. Pour ce faire, nous sommes très présents sur les réseaux sociaux. » Autre stratégie pour Steria, groupe de conseil en informatique : « Nous faisons valoir aux candidates que 50 % de notre comité de direction est féminin, un facteur qui nous différencie de nos concurrents » , explique la DRH. L'entreprise travaille également avec l'association Pasc@line pour promouvoir les métiers d'ingénieurs dans les collèges et les lycées auprès des jeunes filles. Créer des vocations, Cisco, fournisseur de solutions réseaux, le souhaite. « Nous avons créé une opération baptisée “Connected girl” il y a quatre ans, indique Annick Villeneuve, responsable du projet. Depuis, nous accueillons chaque année des jeunes filles âgées entre 14 et 18 ans. Nous leur faisons rencontrer des femmes ingénieures qui leur expliquent leur quotidien. C'est le meilleur moyen de lutter contre les stéréotypes. » Des entreprises du secteur automobile, aéronautique, du transport et de l'énergie prêchent aussi la bonne parole au sein de l'association Elles bougent. Des initiatives utiles, mais qui ne produiront des effets que dans quelques années. Patience donc…

réseaux d'écoles

Les diplômées des écoles d'ingénieurs ont créé plusieurs associations telles que Supelec au féminin, Centrale au féminin, les anciennes des Mines… Toutes œuvrent à promouvoir les carrières d'ingénieurs et à percer le plafond de verre qui handicape encore les femmes.