La centrale de Fukushima hors contrôle

matthieu goar

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Quatre des réacteurs de la centrale de Fukushima sont dans une situation ingérable.
Quatre des réacteurs de la centrale de Fukushima sont dans une situation ingérable. —

C'est la première fois que l'on aperçoit les travailleurs du front. Hier, la télévision japonaise a diffusé les images d'un hélicoptère militaire chargé d'aller arroser la centrale de Fukushima, dont quatre des réacteurs sont dans une situation ingérable. « Il se dirigeait vraisemblablement vers le point le plus critique qui est aujourd'hui la piscine du réacteur 4, sans doute pour la réalimenter en eau », estime Thomas Houdré, directeur à la direction des centrales nucléaires de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Quelques minutes, plus tard, l'appareil fait demi-tour. La radioactivité sur zone est trop importante. Plus que jamais, la situation paraît totalement incontrôlable à Fukushima. Et donc particulièrement autour de la piscine du réacteur n° 4. Ce bassin abrite des combustibles usés.

Evacuation de la zone ?
Mal refroidis depuis le séisme, ceux-ci ont porté à ébullition l'eau qui s'évapore. Catastrophique, car cet endroit n'est pas confiné comme un réacteur. « Si le combustible de cette piscine est totalement hors d'eau, le dégagement de radioactivité sera tellement important que tous les travailleurs devront quitter la zone », lâche un membre de l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Certaines sources parlent déjà d'une évacuation vendredi. Ces informations font de plus en plus craindre pour la sécurité des techniciens sur place.
Depuis le début de la catastrophe, l'exploitantTepco communique très peu sur ce sujet. Ils seraient entre 50 et 180, mais on ignore par exemple combien de temps ils passent dans les bâtiments ou leur équipement exact. Hier, ils ont dû tous quitter les lieux pendant une heure à cause de la radioactivité. « Ils doivent sans doute se relayer. Pour l'instant, la seule solution est de porter une combinaison, un masque et de ne pas s'exposer trop longtemps », explique Thomas Houdré. A Tchernobyl, des dizaines de milliers de « liquidateurs » avaient travaillé sur le site. Le bilan de ceux qui ont péri est toujours controversé.