Architecte du souvenir

Stéphane Leblanc
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Le sous-sol du palais de Tokyo transformé en ruines de l'histoire.
Le sous-sol du palais de Tokyo transformé en ruines de l'histoire. —

Vendredi soir, Amos Gitaï assurait lui-même la visite. « On se croirait dans un champ de ruines, concède le cinéaste israélien. C'est exprès. » Des escaliers nous entraînent au sous-sol du Palais de Tokyo. Com­me une descente aux enfers de l'histoire. C'est ici que les biens spoliés aux Juifs étaient stockés sous l'Occupation. « Et Hitler adorait poser devant le Trocadéro », ajoute le réalisateur de Kadosh.

Etudiant du Bauhaus
Après avoir édité les lettres de sa mère, Amos Gitaï rend hommage à son père, étudiant en architecture de l'école du Bauhaus, arrêté et torturé en 1933, puis exilé.
Des écrans crachent leurs images : le procès reconstitué du père, une pièce de Pina Bausch inspirée d'une toile de Grosz, une foule scandant « Mussolini » pendant la campagne de la petite-fille du Duce, les larmes de Natalie Portman au début de Free Zone… autant de clés, de ponts, entre présent et passé. « C'est au visiteur de rassembler les morceaux, de se faire son propre film », conclut Amos Gitaï, qui insiste sur « la puissance de l'art pour aborder le thème de la transmission ». Et laisser une trace durable dans notre esprit.

Pratique

5 €. Jusqu'au 10 avril, du mardi au dimanche de midi à 21 h, au palais de Tokyo, 13, avenue du Président-Wilson, 16e, M°Iéna. Tél. : 01 47 23 54 01.www.palaisdetokyo.com.