DANS LA PÉNOMBRE, LA LUMIÈRE EST VENUE DE FABIEN LEMOINE

jeremy Goujon

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Fabien Lemoine a de quoi avoir le sourire. Sa passe décisive sur corner a permis à Rennes de l'emporter face à Valenciennes (1-0).
Fabien Lemoine a de quoi avoir le sourire. Sa passe décisive sur corner a permis à Rennes de l'emporter face à Valenciennes (1-0). —

A une minute près, c'était pareil. Bordeaux-Rennes, Rennes-Valenciennes : le même type de match « pourri », pour reprendre l'adjectif employé par Frédéric Antonetti en Gironde. Et puis, Zorro est arrivé. Enfin disons plutôt, Fabien Lemoine. Son corner de la dernière chance, consécutif à une reprise de volée de Camara contrée par le Valenciennois Mater, trouvait la tête de Kana-Biyik, buteur providentiel d'un Stade Rennais pas malheureux sur ce coup-là.
Car Lemoine a failli ne pas fouler la pelouse, samedi soir. Alors qu'il piaffait d'impatience à l'orée du temps additionnel, un mauvais timing de l'arbitre assistant (provoquant la colère de l'entraîneur corse), puis un ballon toujours présent dans l'aire de jeu, ont retardé l'échéance. Avant la délivrance. « J'avais des fourmis dans les jambes. Ça n'a pas été très long, cinq minutes, mais c'est un des plus beaux jours de ma vie. C'était superbe, j'ai ressenti beaucoup d'émotion. » Le constat est sincère, touchant. Il traduit le bonheur intensément vécu par le milieu de terrain rouge et noir, que l'on croyait perdu pour le football, il y a encore quelques semaines. Son retour a enthousiasmé, à juste titre, des spectateurs jusqu'ici congelés par la température et la prestation des deux équipes. « J'aurais préféré revenir face à Lyon, devant 30 000 personnes, car là, il n'y avait pas beaucoup d'ambiance. Mais il y a eu du bruit quand je suis entré, ça m'a fait chaud au cœur. »

Une joie très collective
Si on savait que Rennes était orphelin de Lemoine, on ne se doutait pas que c'était à ce point-là. A 0-0, remplacer un joueur à vocation offensive (Brahimi, transparent) par un autre plus défensif, il fallait oser. « J'avais besoin de lui, c'est tout », avouait Antonetti à la fin de la rencontre. « Ce n'est pas un cadeau que je lui ai fait », ajoutait-il, comme pour se justifier. On parlera donc de coaching gagnant, selon l'expression consacrée. Un changement qui eut le don de provoquer une joie rarissime chez les joueurs et le staff, sitôt le but inscrit. L'effet Fabien Lemoine, sans doute. « J'ai tiré le corner, bien que je ne sois pas un habitué de cet exercice. Ça nous a souri. Ce moment fut magique, c'était beau. » Au bout du compte, cela fait tomber trois points inespérés dans l'escarcelle bretonne. Inespérés, mais « mérités au vu des efforts fournis », d'après Antonetti. « Ce n'était pas facile devant une formation très regroupée. OK, on manque de percussion, mais je revendique notre solidité, qui est notre fonds de commerce. » Mécontent du spectacle, le public devra patienter pour s'enflammer.

JEBBOUR A ASSURÉ

C'était l'autre événement de la soirée, samedi. La première apparition en Ligue 1 du jeune Yassine Jebbour (19 ans), titulaire sur le flanc gauche de la défense rennaise. Le remplaçant de Samuel Souprayen a satisfait son coach. « Je savais bien qu'il n'allait pas déborder et centrer, mais il a fait son boulot », déclarait Antonetti. Un travail suffisant pour éclipser la performance du Sud-Coréen Nam, 19 ans, adversaire direct de Jebbour sur son côté.