Les amants de l'après-midi

oihana gabriel

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Barbara Schulz interprète à merveille une Parisienne manipulatrice.
Barbara Schulz interprète à merveille une Parisienne manipulatrice. —

Elles ont en commun un thème, l'infidélité, un metteur en scène, le multimoliérisé Didier Long (La vie devant soi, Le Gardien), deux stars à l'affiche, Léa Drucker pour L'Amant et Barbara Schulz en formidable Parisienne. Et font partie des meil­leures surprises de la rentrée…
A Montparnasse, on savoure les manigances d'une Parisienne du XIXe siècle, une intrigante qui jongle entre son amant furieusement jaloux (un fiévreux Jérôme Kircher) et son aveugle mari. La belle manipulatrice mène par le bout du nez sa petite communauté, avec intelligence et mauvaise foi.

Jeu de massacre
Un siècle plus tard, l'infidélité ne fait plus scandale. Dans L'Amant, excellente pièce d'Harold Pinter de 1962 jouée au Théâtre Marigny, le décor ultramoderne s'accorde avec le texte surréaliste. « Ton amant vient aujourd'hui ? », interroge le mari, fort compréhensif. Le jeu de massacre entre les deux époux infidèles qui s'interdisent les mensonges et la jalousie s'avère plaisant. D'autant que Didier Long sait amplifier les scènes comiques.
Léa Drucker et Pierre Cassignard, qui joue à la fois le mari et l'amant, excellent dans le timing des grimaces et singent de façon outrée le désir dévorant. Certes, le goût de cette satire qui annonce et moque le couple libre laisse un goût un peu amer. Mais Didier Long et ses excellents comédiens nous auront fait passer deux belles soirées autour d'un thème surexploité.

pratique

La Parisienne, de 10 à 50 €, au Théâtre Montparnasse. www.theatremontparnasse.com. L'Amant, de 25 à 45 €, au Théâtre Marigny. www.theatremarigny.fr.