une « cerisaie » d'artifices

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Jeanne Balibar dans La Cerisaie.
Jeanne Balibar dans La Cerisaie. —

Des fantômes en cage. C'est l'impression qui restera de cette inégale Cerisaie de Tchekov revue par Julie Brochen à l'Odéon. Une pièce dont on retiendra quelques merveilleuses images, un décor tout en verre et habillé d'une lumière magnifique, une ouverture chantée fulgurante et un final touchant. Mais aussi des comédiens, même Jeanne Balibar, qui ne brillent pas par leur naturel, trop hystériques ou trop nonchalants.
Heureusement, il y a ce texte magistral, cet adieu de Tchekov déjà malade, visionnaire d'une Russie où couve la révolution. Une famille d'aristocrates ruinés se retrouve dans leur propriété, la Cerisaie, peuplée de souvenirs et sur le point d'être vendue. Sur le plateau qui tourne, sous un lustre fait de coupes de champagne qui descend jusqu'à s'écraser, la tribu donne son dernier show, avec des interludes musicaux bienvenus et des tours de magie superflus.O. G