la polémique? un pétard mouillé

caroline rossignol

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Les statues, comme ici celle de Lénine, sont en bronze et mesurent trois mètres
Les statues, comme ici celle de Lénine, sont en bronze et mesurent trois mètres —

C'est fait, les cinq premières statues de la place Hélios à Odysseum ont enfin été dévoilées. C'était vendredi soir, devant un parterre d'une centaine de personnes triées sur le volet et encadrées par une sécurité renforcée. Jean Jaurès, Churchill, Roosevelt, Charles de Gaulle et Lénine, sculptés en mouvement par l'angevin François Cacheux, sont apparus petit à petit au cours de la soirée. A chaque lever de rideau, une explosion de pétard coloré au pied de ces «grands hommes», appuyée par une tonitruante musique: Coeur de l'armée rouge pour Lénine, Marseillaise pour De Gaulle... Le tout servi par un très long discours.

Le prêche de Frêche
C'est sûr, le président d'Agglomération s'est fait plaisir, au risque de faire passer ces trois heures d'allocution pour un magistral cours d'histoire. Les passants d'Odysseum en ont aussi profité, l'homélie étant relayée par une dizaine de hauts-parleurs sur le site, comme une référence maladroite aux heures sombres du communisme. Pourtant, il a été malin, Georges Frêche. Il a prit le contre-pied de ce qu'attendaient de lui les médias : la phrase de trop pour faire enfler la polémique autour des chefs soviétiques. Soft sur Lénine: « Il est mort en 1924, après la révolution d'Octobre, il n'a pas de sang sur les mains ». Démogo sur Staline, dont il avait annoncé la commande : «Je ne ferai pas Staline, je ne l'ai jamais aimé», évoquant par la suite les victimes dans les goulags. Une déclaration qui n'était finalement qu'un pétard mouillé, alors que se profilait déjà à Montpellier un retentissant «Statues-Gate».