Photographe de père en fille

oihana gabriel

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Reporters sans frontières prend d'assaut le Petit Palais. Des portraits d'Afghanes en burqa se sont glissés dans les collections classiques du musée. Au sous-sol, cent clichés engagés de Pierre Boulat et Alexandra Boulat, sa fille, font dialoguer deux époques et deux regards. Grâce à une scénographie astucieuse, on explore des thèmes récurrents à travers leurs deux objectifs : le mariage, dans le Berry ou en Algérie, les femmes américaines pour Pierre, celles de « l'axe du mal » pour Alexandra. On zigzague entre, à droite, les clichés en noir et blanc du père, plus proche du réalisme poétique, à gauche, les photos en couleurs de sa fille.

Choc et empathie
« Ces deux photographes ont couvert la deuxième moitié du XXe siècle et montrent les évolutions du métier, précise la commissaire, Susana Gállego. Les photos de Pierre sont pudiques, celles de sa fille plus violentes. Aujourd'hui, la photo de presse doit choquer. » Après des témoignages sanglants de la vie au Moyen-Orient, on finit sur une note légère, Yves Saint Laurent. Le premier défilé en 1962 du couturier, alors anxieux, fut couvert par Pierre Boulat, son dernier en 2002 par Alexandra.

pratique

ratuit. Jusqu'au 27 février au Petit Palais, av. Winston- Churchill, 8e. M° Champs-Elysées-Clemenceau. Catalogue Reporterssans frontières à 9,90 €.