Monet adoucit les mœurs

oihana gabriel

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Les toiles gracieuses et devancières de Monet pourraient apaiser la colère de quelques supporters. Ici, on s'éloigne du concret du terrain, même si « Monet ne voulait pas faire de l'abstraction », précise Paloma Alarcó, la commissaire de l'expo du musée Marmottan-Monet. Les quarante-quatre toiles de « Monet et l'abstraction » démontrent toutefois l'influence du père de l'impressionnisme sur Rothko, Pollock ou André Masson…

Rencontre inhabituelle
Ce petit parcours, organisé avec l'aide du musée Thyssent, débute par le voyage du peintre à Londres. « Il s'inspire de Turner et des reflets de la neige pour s'adonner à une peinture plus expérimentale, explique la commissaire. Au début du XXe siècle, l'avant-garde attachée aux formes géométriques rejette Monet comme un artiste du XIXe siècle. »
Mais vers 1950, certains peintres adoptent ses effets de lumière et ses forts contrastes de couleurs. « On retrouve chez Kandinsky cette lumière qui sort du tableau. » On est frappé par ces très grands formats de Monet où algues et arbres se confondent à la fontière de l'abstrait. Mark Pollock et Jackson Tobey reprennent les formes végétales du peintre.
Dans la dernière salle ovale se répondent des toiles qu'André Masson ou Joan Mitchell ont exécutées après une visite-pèlerinage à Giverny. Cette rencontre atypique révèle les ponts entre deux courants habituellement opposés.

pratique

De 5 à 9 €. Jusqu'au 26 septembre tlj sf lundi au musée Marmottan-Monet, 2, rue Louis-Boilly, 16e. M° La Muette. www.marmottan.com.