à Lille, l'immobilier s'agite

Gaëtane Deljurie

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Avec ses maisons de 1930 vendues autour de 100 000 €, Hellemmes est l'un des quartiers lillois à passer au crible pour investir.
Avec ses maisons de 1930 vendues autour de 100 000 €, Hellemmes est l'un des quartiers lillois à passer au crible pour investir. —

Le marché immobilier se relève de sa chute. Dans la métropole lilloise, les prix deviennent raisonnables. Le temps des bonnes affaires semble revenu. Reste que pour acheter bon marché, il faut savoir se plonger dans les quartiers. Et bien jauger le potentiel à la revente : « Le secteur géographique est primordial, prévient Gilles Manens, négociateur chez Maître Bonnave. Un produit bien situé se revendra toujours plus facilement, sans risque d'être dévalué ». Misez donc sur des biens avec travaux, situés dans des quartiers prisés. Tour d'horizon.
Lille, toujours capitale. Le quartier d'Hellemmes est fortement plébiscité. « On peut encore y trouver des maisons de 1930, proposées entre 100 000 et 130 000 € », note Julien Pellezier, négociateur de la SCP Fontaine-Rousselle de Lille. Une maison de 70 m², deux chambres, cave et petite cour, grenier aménageable, avec travaux a été mise à prix à 105 000 €. « Ce type de bien est généralement vendu en moins de quinze jours », prévient Véronique Dupont, négociatrice à l'office de Maître Larivière. Les quartiers moins recherchés peuvent offrir de belles opportunités. « Fives va être rénové d'ici à quelques années. Du côté du Mont-de-Terre, on trouve encore des maisons ouvrières avec jardin et garage, pour environ 100 000 €, avec des travaux à prévoir », observe Cécile Jonville, notaire à Lille. Idem pour Lille Sud et le quartier Moulins. Grâce à d'importantes opérations de réaménagement urbain, le boulevard de Strasbourg va changer de visage.

Roubaix et Tourcoing pour voir loin. Au sein des deux villes rivales, les prix varient d'environ 1 700 € le m² à 2 200 € le m² pour un appartement ancien de quatre pièces. « D'une rue à l'autre, les cotes des biens immobiliers peuvent varier du simple au double », constate Grégory Bartier, de Valeurs Sûres à Roubaix. L'agent immobilier conseille volontiers le haut de l'avenue Jean-Baptiste Lebas, où « le m² peut chuter à 1 000 €,  voire 800 € pour des grosses surfaces ». Aujourd'hui, tous les yeux sont rivés sur le quartier de la zone de l'Union, située à cheval sur Roubaix, Tourcoing, Wattrelos. Le quartier sera métamorphosé d'ici à quelques années. « De petites maisons s'y vendent environ 100 000 € », poursuit l'agent immobilier. « Vu l'importance des investissements, ce quartier devrait très rapidement prendre de la valeur. » À bon entendeur !

La périphérie, pensez-y. Roncq, Halluin, Lambersart sont les grandes perdantes du jeu immobilier. « Les biens ont chuté de 10, 15 voire 20 % », calcule Julien Pellezier. Ainsi, à Croix, une maison de 110 m² avec garage, nécessitant travaux, a été vendue 130 000 €. A Lomme, on trouve encore des prix abordables. « Avec 180 000 à 200 000 €, on peut acheter une maison en bon état avec trois voire quatre chambres », estime Gilles Manens. A La Madeleine et Marcq-en-Barœul, villes traditionnellement chères et très prisées, les prix ont chuté de 7,5 % sur 2008-2009. « Nous venons de vendre à La Madeleine deux maisons de 120 m² à 150 000 et 170 000 € », annonce la SCP Fontaine-Rousselle. Dans une ville ou le m² se négocie aux alentours de 2 300 €, on imagine une très belle plus-value à la clé. W