Waka Waka, trip musical entre shakira et une enfant du pays

A. G.

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Le 10 juin, le groupe de Zolani Mahola (au centre) participera au concert de lancement du Mondial, entouré des Black Eyed Peas, d'Amadou et Mariam et d'Alicia Keys.
Le 10 juin, le groupe de Zolani Mahola (au centre) participera au concert de lancement du Mondial, entouré des Black Eyed Peas, d'Amadou et Mariam et d'Alicia Keys. —

Zolani Mahola, du Cap, a une bonne étoile. Un astre qui va droit au but. Après une rencontre improbable, la voix de la chanteuse sud-africaine côtoie désormais celle de la star Shakira dans l'hymne du Mondial. Le résultat – Waka Waka (This Time for Africa) – est le fruit d'une rencontre hasardeuse dans le ventre d'un building de New York. Et c'est tout pour le décor. Les circonstances, maintenant. En ce jour de février 2010, Shakira, la star colombienne, enregistre le futur This Time for Africa. Mais au goût du producteur, le son accouché par les cordes vocales sud-américaines « manque un peu d'Afrique ». Freshlyground, groupe du Cap déjà bien aguerri, enregistre en studio deux étages plus bas. Le « un peu d'Afrique » réclamé par le producteur se trouve à portée d'ascenseur. Bingo !
Trois mois plus tard, la voix de Zolani Mahola, la jeune et charismatique chanteuse du band sud-africain, se mêle joliment à celle de Shakira. Premier groupe sud-africain à recevoir un MTV Best African Act en 2006, vainqueur de quatre South African Music Awards en 2008, Freshlyground plaît. Pour sa musique, évidemment. Mais pas seulement. En Afrique du Sud, pays qui se targue d'être une Rainbow Nation, les symboles chromatiques comptent plus que tout. Ce groupe black-blanc-métis, très arc-en-ciel, veut illustrer la coexistence possible entre les différentes couleurs de peau. Mais des détracteurs jugent leurs textes un brin « naïfs ». Cependant, l'ouverture du groupe, composé de Sud-Africains, Mozambicains et Zimbabwéens, « ne date pas d'hier ». Car « ce pays est fou : on y est un peu schizophrène, à jongler entre les différentes cultures ». La chanteuse le sait : son pays déborde de défis politiques, économiques et culturels. « Il les relèvera. » Zolani le chante.