Vous reprendrez bien une tranche de l'art

Stéphane Leblanc

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Ravioles de langoustines à l'encre de seiche, cailles en croute de thé vert, panacotta au coulis de poivron... Ce sont quelques unes des performances culinaires à déguster en live au Palais de Tokyo. A l'initiative d'un mécène, Electrolux, le centre d'art parisien propose deux formules : un menu unique servi à une table d'hôte avec vue imprenable sur tout Paris (60 et 80euros). Et un atelier de création culinaire, où il s'agit de mettre la main à la pâte (20euros). Option que nous avons bien évidement choisie.

L'évènement, baptisé Art Home (prononcer Arôme), ressemble à une performance artistique. Elle est éphémère, l'installation sera démontée dans un an, et unique : c'est la seule fois qu'on aura concocté un boeuf bourguignon... saignant ! A préparer, ça ressemble à un Bourguignon classique : 2/3 de vin rouge, 1/3 de fond de veau mis à cuire très longtemps. Les morceaux de filet de boeuf ne sont versés qu'au dernier moment, dans une sauce nettement réduite, dans laquelle on a ajouté un roux (beurre et farine) et deux ou trois carrés de chocolat (le secret de grand-mère). «On joue sur les contrastes pour repousser les limites de la cuisine et se réapproprier ce qu'on mange», explique Judith Melka, chef recrutée pour animer cet atelier. «On travaille sur les saveurs, les couleurs, mais on adore aussi confronter des ingrédients qui ne se mélangent pas», précise le directeur culinaire de l'évènement, Gilles Stassart. Dans une démarche de création artistique, l'ancien responsable du resto du musée Mac/Val, à Vitry, avoue s'intéresser plus à la «transformation» des aliments qu'à la «qualité» du produit. Le maître mot : Oser. Et montrer qu'on peut écrire la recette en direct. «On n'est jamais sûr du résultat, s'emballe Judith Melka. Et c'est vrai qu'il m'est arrivé, parfois, d'avoir peur que les participants n'apprécient pas l'atelier. Et puis non. Ils sont au contraire nombreux à revenir. » W

Inscriptions : www.art-home-electrolux.com.