Faire jouer la concurrence entre banques, le meilleur moyen de renégocier son emprunt

— 

   Du jamais vu. En à peine dix mois, les taux des prêts immobiliers ont chuté de plus de 1,5 % pour s'établir aujour­d'hui à 4,15 % fixe sur vingt ans contre 5,6 % en novembre 2008. C'est donc le moment idéal de renégocier les conditions de son prêt auprès de son banquier. Voire auprès d'une banque concurrente. On parle alors de rachat de prêt. Mais l'opération de rachat de crédit n'est intéressante que sous certaines conditions. 

   Le nouveau taux proposé par la banque concurrente doit au minimum être inférieur d'un point au taux initial du crédit. Car il faut règler les indemnités de remboursement anticipé - un semestre d'intérêt plafonné à 3% du capital restant dû -, les éventuels frais de mainlevée auprès de l'ancien établissement bancaire et les frais de dossier du nouveau crédit. Premiers concernés : les acheteurs ayant souscrit un prêt entre novembre 2008 et janvier 2009, lorsque les taux étaient au plus haut. 

   Pour qu'un rachat de crédit soit rentable, il faut également que le capital restant dû soit supérieur à 50 000 euros et/ou que la durée de remboursement restant à courir soit d'au moins dix ans. A titre d'exemple, pour un prêt initial de 200 000 euros sur quatorze ans à 5,40 % (taux fixe) souscrit en octobre 2008, le remboursement est actuellement de 1 623 euros par mois et le coût total du crédit est de 274 383 euros. Avec une mensualité ­identique et un taux renégocié en août 2009, à 4 % (fixe), au final, l'emprunt ne coûte plus que 256 445 euros. Soit un gain de près de 18 000 euros, selon le courtier Cafpi. 

   Enfin, en matière de fiscalité, si l'acquisition de la résidence principale a eu lieu après le 6 mai 2007, l'emprunteur pourra encore déduire sur sa feuille d'impôt les intérêts d'emprunt de son crédit racheté. W 

   S. L.