Le musée d’Orsay propulse Van Gogh dans le Web3

NFT A l’occasion de l’exposition « Van Gogh À Auvers-Sur-Oise : Les Derniers Mois », le musée s’essaye aux NFT avec ses premiers souvenirs digitaux

Romain Gouloumes
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Les NFT donnent chacun des avantages à leurs propriétaires, dont, dans le cas du NFT à 20€, une chance de gagner une entrée à vie au musée d'Orsay.
Les NFT donnent chacun des avantages à leurs propriétaires, dont, dans le cas du NFT à 20€, une chance de gagner une entrée à vie au musée d'Orsay. — Keru

La plupart des NFT ne valent plus rien, peut-on lire ici ou . D’emblée, ces deux-là ne coûtent pas grand-chose. Proposés à 8,90€ (soit deux euros de moins qu’une paire de chaussettes fluo à l’effigie de Van Gogh) et 20€, les premiers souvenirs digitaux du Musée Orsay ne prennent pas le portefeuille du visiteur à la gorge. « Dans notre boutique, le panier moyen est de 15,90€ », observe Guillaume Roux, directeur du développement des musées d’Orsay et de l’Orangerie, dont l’équipe a assuré, avec la start-up française Keru, le lancement de ces deux NFT sur la blockchain Tezos.

Attirer un nouveau public à Orsay

Cette première incursion de la demeure de l’art impressionniste dans le Web3 accompagne l’exposition événement consacrée aux derniers mois de Van Gogh, ouverte le mardi 3 octobre. Après avoir contemplé le portrait de son médecin et ami le docteur Paul Gachet ou le ciel lapis-lazuli de l’église d’Auvers-sur-Oise, les visiteurs pourront repartir avec un exemplaire numérique de la dernière palette utilisée par le peintre, ou une représentation du musée d’Orsay réalisée par IA dans le style de l’artiste maudit. Édités à 10.000 et 2.300 unités, en réalité augmentée pour l’un, animé pour l’autre, ces souvenirs ne serviront pas qu’à faire joli sur un écran de smartphone. Sur la messagerie Discord ou par mail, « ce qu’on espère, c’est constituer une communauté de plusieurs milliers d’individus qui souhaitent être tenus au courant de l’activité du musée et échanger », explique Guillaume Roux, qui voit dans ce projet « un moyen de moderniser l’image d’Orsay et de toucher des publics qui ne seraient pas venus autrement ».

Un lancement tardif mais réfléchi

Toujours dans cette volonté d’engagement, le second NFT donnera accès à des avant-premières ainsi qu’à un tirage au sort. En jeu, une entrée à vie dans l’ancienne gare devenue le 6e musée le plus visité du monde. Conscient justement de se lancer avec un train de retard, Guillaume Roux félicite au contraire ses équipes de ne pas s’être précipitées. « A sa nomination en 2021, notre président Christophe Leribault nous a dit “On ouvre les portes en grand”. A partir du moment où le fait qu’on réfléchissait à un projet web3 s’est su, on a beaucoup été sollicités. Mais on sentait qu’il y avait beaucoup de spéculation là-dedans. » Ce contre quoi le musée et ses partenaires ont fait le choix de réserver les contreparties aux premiers propriétaires des NFT. Gare donc aux coquilles vides qui pourraient être proposées à la revente. Le programme promet, lui, d'être complet. A l’heure où certains ne peuvent plus voir les NFT en peinture, les expérimentations web3 du musée d’Orsay, engagé dans un partenariat d’un an avec la fondation Tezos, ne font que commencer.