Saison des amours, Tamagotchi et sweat à capuche… Bilal El Alamy présente l’univers Dogami

Métavers Le cofondateur de Dogami présentait dans 20 Mint au carré, notre émission Twitch, son monde virtuel pour chiens stylés

Laurent Bainier
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20 Minutes
  • Chaque mardi soir sur Twitch, 20 Minutes invite un acteur de la blockchain, des cryptos ou du métavers à répondre aux questions de la communauté 20 Mint.
  • Bilal El Alamy a fondé avec trois associés un jeu de réalité augmentée, Dogami, qui met en scène des chiots 3D qu’il s’agit d’accompagner jusqu’à l’âge adulte.
  • A la différence d’un Tamagotchi qui meurt si on ne néglige, le Dogami doit rapporte des récompenses à son propriétaire s’il s’occupe bien de lui.

Il revenait tout juste de la conférence NFT New York mais c’est depuis ses bureaux parisiens de Dogami que Bilal El Alamy a participé mardi 28 juin à 20 Mint au Carré, notre émission Twitch consacrée au Web 3. Car si le petaverse, ce monde imaginaire dévolu aux chiens virtuels, a acquis une réputation mondiale, c’est bien en France qu’il a cofondé l’entreprise avec ses trois associés. Alors qu’une nouvelle portée de Dogami vient d’être mise sur le marché, Bilal El Alamy fait le point sur l’avancée du projet.

La deuxième vente de NFT Dogami s’est déroulée il y a quelques jours et les nouveaux propriétaires ont découvert les chiots virtuels qu’ils ont obtenus en achetant le jeton. Que peuvent-ils faire avec ces chiots ?

Aujourd’hui sur Dogami, on peut déjà donner un nom à son chien NFT. Notre objectif c’est de créer un jeu à la Nintendogs ou Tamagotchi d’élevage virtuel. Ce qui est important pour nous c’est que l’utilisateur puisse créer un lien avec son avatar de jeu. Ce lien est augmenté avec les NFT parce que chaque chien est unique dans son aspect et dans sa génétique. Mais en lui donnant un nom, on se l’approprie encore plus.

Le jeu en lui-même arrivera quand ?

La première sortie aura lieu début septembre à laquelle auront accès entre 100 et 500 utilisateurs. Puis on accueillera de plus en plus de joueurs jusqu’à la sortie mondiale qui aura lieu grosso modo deux mois après.

Est-ce qu’à la manière d’un Tamagotchi, le Dogami pourra mourir si on ne prend pas soin de lui ?

Non, ils ne peuvent pas mourir. Dans la première phase, le jeu se joue seul contre l’ordinateur avec l’objectif de faire passer le Dogami du chiot à l’âge adulte. Dans Tamagotchi, vous aviez six actions récurrentes à accomplir. Dans Dogami, vous avez une vingtaine d’actions, des essentielles (lui donner à manger, le laver…) et des non essentielles comme aller chercher la balle ou donner la patte. La première phase vise à apprendre à votre chiot ces 20 actions. En fonction de votre assiduité dans ces tâches, vous gagnez plus ou moins de Doga, qui est la monnaie du jeu. Chez nous, plus on prend soin, plus on touche de récompenses.

Et la deuxième phase ?

Ensuite le jeu va évoluer vers une nouvelle phase où votre chien est adulte et vous avez de nouvelles quêtes. La première c’est s’accoupler avec d’autres chiens, créer de nouveaux chiots que vous pourrez vendre et qui vous donneront un revenu. Mais on peut aller plus loin et implanter un croisement entre Pokémon Go, Mario Party et Ingress. Concrètement il y aura des quêtes à la Pokémon Go, dans un mode communautaire un peu comme Ingress et plusieurs mini-jeux d’exploration façon Mario Party.

C’est un sacré défi…

Oui, mais on le sent bien. On a réussi à créer une communauté engagée de plus de 250.000 personnes. On a fait deux sold-out [vendu tous les NFT mis en vente] dont une dans un contexte économique pas des plus favorables. On essaie d’entretenir l’aspect réaliste. Ce n’est pas un jeu de simulation, mais on reproduit les caractéristiques de tel ou tel chien. Notre Shiba Inu, par exemple, ne se comporte pas comme un chien d’une autre race.

On pourrait imaginer que vous redonniez vie dans le monde virtuel à des chiens qui ont eu une existence réelle, à partir de photos par exemple…

On a eu un million de demandes de ce type. Des gens qui nous disent « j’adorais mon chien, j’ai grandi avec lui, est-ce que vous pouvez le ressusciter ? » La troisième phase de notre jeu, qu’on appelle le Petaverse, sera une phase spirituelle de la vie du chien. Et dans cette phase, on se laisse de la flexibilité pour créer des choses fun comme ça, mais rien n’est arrêté. Je ne veux pas que la communauté se fasse trop d’illusions.

Votre communauté ne ressemble pas complètement aux standards des communautés Web 3…

On a quasiment 30 % de nos utilisateurs qui sont des femmes. La moitié de nos utilisateurs ont entre 16 et 28 ans mais cela va de 12 à 62 ans. Enfin, 45 % de la communauté a téléchargé Discord pour la première fois avec Dogami. Au final, si la communauté est moins Web 3 que d’autres projets, c’est parce qu’on a mis en place une stratégie qui visait à créer ce résultat. On a limité le nombre de Dogami qu’on pouvait acheter à la fois, pour ne pas avoir de spéculateurs.

Et pourtant le breeding (la reproduction des chiens) dont tu parlais tout à l’heure, c’est une mécanique qui appelle les spéculateurs…

On met en place des love seasons qui font qu’on ne peut pas se reproduire quand on veut. Il y a un nombre limité de reproductions pendant cette période. Après une reproduction, il y a un délai de latence avant de pouvoir créer un nouveau chiot tout de suite, période qui s’allonge à chaque fois qu’on accouple les chiens. Il y a donc pas mal de mécanismes qui visent à cadrer l’inflation de la population.

Dans le même temps, vous avez attiré des partenaires prestigieux…

On a effectivement annoncé en couverture de L’Officiel notre partenariat avec la marque Gap. Avec eux, on crée des accessoires virtuels qu’on pourra mettre sur les chiens pour améliorer leur style. Et pour certaines collaboration dans le monde virtuel, on développera du merch (des produits dérivés) dans le monde réel. On essaie de faire ces ponts entre le réel et le monde virtuel et de rendre fou la barrière entre les deux.