Les séropositifs persona non gratae dans plusieurs pays

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BAA gère sept aéroports en Grande-Bretagne, dont celui d'Heathrow dans l'ouest de Londres, et a des parts ou des activités dans une douzaine d'autres, en Europe, en Australie et aux Etats-Unis.
BAA gère sept aéroports en Grande-Bretagne, dont celui d'Heathrow dans l'ouest de Londres, et a des parts ou des activités dans une douzaine d'autres, en Europe, en Australie et aux Etats-Unis. —

«Sur le plan éthique, c'est totalement inacceptable.» Xavier Bertrand, le ministre français de la Santé, a demandé jeudi à l'Union européenne de réaffirmer le droit des séropositifs à se déplacer dans le monde. Selon un rapport de l'ONG Deutsche Aids-hilfe (2005), un certain nombre de pays interdisent en effet aux personnes atteintes du sida l'entrée sur leur territoire: Russie, Arménie, Corée du Sud, Thaïlande, Oman, Qatar, Arabie Saoudite, Soudan, Irak... D’autres pays (une soixantaine) imposent des restrictions, comme le Canada, où il faut prouver qu’on n’est pas séropositif pour pouvoir rester plus de six mois, ou les Etats-Unis, qui exigent une dérogation ou un visa temporaire de l’ambassade pour les voyageurs séropositifs qui veulent séjourner outre-Atlantique quelques jours.

 
Une législation archaïque – elle date des années 1980 aux USA  – et « humiliante », selon Jean-Luc Roméro, président d’Elus locaux contre le sida, et qui raconte « une expérience complètement traumatisante » dans le Parisien daté de vendredi. Lors du retour d’un séjour en Floride, le 11 août dernier, l’élu UMP prend avec lui son sac d’antirétroviraux, pour ne pas risquer de les perdre à l’arrivée. Ce jour-là, les aéroports américains sont en alerte rouge après une tentative d’attentat terroriste à Londres. «Boîte par boîte, ils ont tout déballé, les cachets, etc. Ils m’ont demandé: C’est pas pour le sida, ça ? Alors j’ai menti, j’ai dit j’ai un cancer.» 

 «Ce genre de restrictions à l'encontre des séropositifs est non seulement totalement inefficace mais peut en plus conduire les personnes concernées à dissimuler leur état de santé et ainsi à s'éloigner des structures de soins et de conseils», a souligné Xavier Bertrand jeudi. Le ministre suggère que les grandes réunions internationales, en particulier celles de l'Onusida, ne se tiennent plus dans les pays qui pratiquent des restrictions d'accès envers les séropositifs.

C. F.