«La lutte contre le virus du sida passera par une combinaison de vaccins»

— 

Le Brésil, où vivent un tiers des quelque 1,7 million de séropositifs ou malades du sida d'Amérique latine, a pu maintenir l'épidémie à un niveau stable grâce à la priorité donnée à la prévention et au traitement, relève le rapport de l'Onusida publié mardi.
Le Brésil, où vivent un tiers des quelque 1,7 million de séropositifs ou malades du sida d'Amérique latine, a pu maintenir l'épidémie à un niveau stable grâce à la priorité donnée à la prévention et au traitement, relève le rapport de l'Onusida publié mardi. —
Interview du Professeur Yves Lévy, directeur scientifique de recherche sur le vaccin contre le sida à l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (Anrs)
 
L’Agence Nationale de Recherche sur le Sida a lancé mercredi un nouvel appel aux volontaires pour tester son vaccin contre le sida. Où en est la recherche ?

La recherche internationale travaille sur le développement d’un vaccin depuis que l’on sait que le sida est un virus, c'est-à-dire depuis 20-25 ans. Il existe aujourd’hui 15 à 20 candidats-vaccins, c’est-à-dire des vaccins potentiels, étudiés à travers le monde. Cela vous donne un aperçu de la difficulté… A l’ANRS, nous y travaillons depuis dix ans sur un en particulier, le lipopeptide, dont nous étudions aujourd’hui les effets pour déterminer comment nous pourrons l’associer à d’autres. Car nous savons aujourd’hui que la lutte contre le virus du sida passera par une combinaison de ces différents candidats-vaccins. C’est pourquoi nous avons besoin de poursuivre nos recherches via des volontaires.
 
Quelles sont les conditions pour être volontaire ?

Etre âgé de 18 à 54 ans, être en bonne santé (c’est-à-dire ne pas souffrir de maladie chronique et ne pas avoir eu de problèmes graves comme un cancer par exemple), être disponible et motivé. Ces deux dernières conditions sont très importantes car participer à la recherche d’un vaccin implique de nombreuses visites médicales, accompagnées de prises de sang, et il peut se passer un laps de temps assez long entre le moment où le volontaire est sélectionné et celui où les essais donnent leurs résultat, sonnant la fin du projet.
 
Nous avons lancé deux précédents appels à volontaires en 2001 et en 2004. Ce dernier, durant lequel 130 personnes avaient été sélectionnées, a permis d’avancer sur la tolérance du candidat-vaccin. Nous en connaîtrons les résultats définitifs mi-2007. Aujourd’hui, nous espérons convaincre 200 personnes de se porter volontaires pour la deuxième phase de test durant laquelle nous étudierons la réponse immunitaire au lipopeptide.
 
Quels sont les risques encourus par les volontaires ?

En 2004-2005, le programme de test avait été gelé suite à un problème de santé d’un volontaire aux Etats-Unis…
C’est exact. Nous avions automatiquement arrêté les essais. Une enquête avait établi qu’il n’existait pas de cause directe entre le candidat-vaccin que cette personne testait et sa maladie. En juillet 2005, les différentes agences de santé nous ont donné leur accord pour poursuivre nos recherches. Nous avons donc repris le test où nous l’avions arrêté.
Concernant les risques, les préparations inoculées sont issues de la synthèse chimique ou du génie génétique. Elles miment des parties du VIH afin de pouvoir être reconnues par le système immunitaire du volontaire. Ces préparations ne contiennent donc pas le virus. Dans ces conditions, elles ne font courir aucun risque d'infection par le VIH et, a fortiori, de développement d'un sida.
 
A l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, l’ANRS organise un forum pour répondre à toutes vos questions.
Enfin, un numéro vert est mis à la disposition du public : 0800 156 156