El-Kaoutari, l'enfant de Paul-Valéry

Jérôme Diesnis

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Abdelhamid El-Kaoutari avait été excellent contre Bordeaux en Coupe de la ligue.
Abdelhamid El-Kaoutari avait été excellent contre Bordeaux en Coupe de la ligue. —

Le terrain dur a été recouvert d'une moquette synthétique. C'est là que les gamins de la cité populaire Paul-Valéry s'imaginent un jour faire aussi bien que leur idole, Abdelhamid El-Kaoutari.
Abdé, c'est l'enfant du quartier. Celui qui revenait avec ses potes du centre de formation manger des pizzas et refaire le monde. « Son frère Ahmed lui a appris le foot. Il a essayé la boxe, puis le foot où il a commencé gardien de but », se souvient Mous, alors éducateur au quartier. A 13 ans, c'est une détection qui l'a amené au MHSC. Neuf ans plus tard, il y est encore.
L'international marocain (nationalité sportive choisie pour son papa décédé trop jeune) né d'une mère franco-espagnole, sera titularisé dimanche face à Paris. Un baptême en L1 cette saison pour un joueur dont Louis Nicollin disait qu'il formerait le futur axe central avec Mapou Yanga-Mbiwa.

« Notre grand frère »
L'un est en équipe de France, El-Kaoutari a pris son temps. La pénurie (Hilton et Mézague blessés, Stambouli malade, Yanga-Mbiwa suspendu) lui permet de faire son retour. « J'ai aimé la charnière centrale », expliquait René Girard après Bordeaux en Coupe de la ligue. Il a prouvé ce soir-là qu'il postulait de nouveau à une place après être souvent sorti des 18. « Il n'a jamais lâché, explique le défenseur Teddy Mézague, vainqueur avec lui de la Gambardella en 2009. Il a un gros moral, en plus d'être un grand défenseur, fort sur l'homme et très doué techniquement. S'il joue contre Paris, je sais qu'il sera fort, parce qu'il adore ces grands matches. »
De cette génération des 1990 qui composent en partie l'effectif pro aujourd'hui, le gaucher est un garçon à part. « On le considérait comme notre grand frère », souligne son ami Fodé Koïta, attaquant prêté au Havre. Père de famille très jeune, El-Kaoutari parle peu, mais ses mots ont du poids. « C'est un mec en or qui a toujours fait l'unanimité dans le vestiaire », reprend Koïta. Un joueur qui a l'occasion de prouver que son temps est venu.