« le club connaît les mêmes soucis que ses confrères »

propos recueillis par jeremy goujon

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Les supporters du Stade Rennais effectuaient leur rentrée, mercredi, route de Lorient. Quelque 2 500 personnes avaient fait le déplacement, preuve que le divorce n'est pas tout à fait consommé avec l'équipe rouge et noir. La moyenne de spectateurs, ainsi que le nombre d'abonnés, ne cessent pourtant de chuter au fil des années. Les explications de Stéphane Niger, le directeur du service marketing et commercial du club breton.

Combien y a-t-il d'abonnements
au Stade Rennais cette saison ?
Je peux dire qu'on a réussi à passer le cap des 9 000 abonnés. L'année dernière, on en avait un peu plus de 11 000.
On vous sent presque soulagé
de franchir cette barre des 9 000…
Je le serais si on avait passé la barre des 11 000… Il n'y a pas de soulagement. C'est surtout l'amertume qui prime. Je sais ce qu'on représente, et je sais aussi que nos abonnés formulent beaucoup d'espoirs sur la performance sportive. Celle-ci n'est pas écrite. On peut leur apporter tous les services annexes, en revanche, sur le terrain, ce n'est pas nous. L'heure n'est pas au catastrophisme, mais il y a eu une prise de conscience de la part des dirigeants.
Quels sont les facteurs inhérents
à cette importante baisse ?
La conjoncture économique, quoi qu'on en dise, a impacté sur le pouvoir d'achat de nos spectateurs. De facto, un certain nombre d'entre eux ne s'est pas réabonné, et viendra désormais de manière ponctuelle au stade. Knysna et le dernier Euro ont également contribué à conserver, ou à creuser une certaine distance entre le public et le foot français dans sa globalité. Ces deux facteurs résument la situation rennaise, mais c'est à l'image de toutes les enceintes de France. Il y a deux cas à mettre à part, à savoir le PSG, qui est hors normes, et Lille, avec son nouveau stade. Ailleurs (Toulouse, Saint-Etienne, etc.), les abonnements ne sont pas en progression faramineuse. Il faut donc savoir raison garder. Le Stade Rennais Football Club connaît les mêmes soucis que la majeure partie de ses confrères.
Au-delà des résultats, que compte faire Rennes pour regagner la confiance de ses supporters ?
Le 17 septembre, nous avons reconduit l'opération de l'an dernier : le « pack 6 matchs ». En résumé, les spectateurs choisissent six rencontres, et n'en payent que cinq. Parmi les six, il y en a un en catégorie prestige (PSG, OM), deux en gala, et trois en classique. C'est une offre qui se veut vraiment souple, économiquement intéressante et sans contraintes. D'après nos premiers sondages téléphoniques, notamment auprès des abonnés qui ne sont pas revenus, la séduction de ce « pack 6 » est avérée. Ce n'est qu'une 1re étape.