Twitter a-t-il censuré des comptes anti-Sarkozy?

32 contributions
Publié le 20 février 2012.

WEB - Cinq comptes parodiques ou critiques à l'égard du président-candidat redirigent aujourd'hui vers la page «contenu suspendu»...

Mise à jour (13h28): Twitter a répondu à Internet sans frontières concernant le compte @_nicolassarkozy:« Nous avons reçu un rapport suivant lequel votre compte @_NicolasSarkozy commet une usurpation d'identité non parodique. Bien que Twitter croie fermement à la liberté d'expression, une imitation qui induit en erreur, prête à confusion ou trompe autrui est contre les règles de Twitter.» Pourtant ce compte mentionnait qu'il était parodique dans la description de son profil. Et quid des autres comptes suspendus? 

Le site de micro-blogging Twitter roule-t-il pour Nicolas Sarkozy, qui a annoncé officiellement sa candidature à l’élection présidentielle mercredi dernier? Dans un communiqué publié dimanche, l’association de défense de la liberté d’expression Internet sans frontières se dit «préoccupée par la censure politique opérée par ce réseau social à moins de 62 jours de l’élection présidentielle française». Selon elle, Twitter a suspendu cinq comptes d’utilisateurs parodiant ou critiquant le président-candidat depuis le 16 février:  @mafranceforte, @fortefrance, @sarkozycaSuffit, @_nicolassarkozy et @sarkozycestfini. Ce lundi, tous ces comptes mènent vers une page «contenu suspendu». D’après Internet sans frontières, cette «censure» est intervenue «quelques heures après la création d’un compte officiel Nicolas Sarkozy, le 15 février dernier. Une coïncidence dont s’étonne l’association.

«Twitter tolère les comptes de parodie, de commentaires ou de fans» 

Internet sans frontières fait remarquer que plusieurs de ces comptes existaient depuis plus d’un an. @_nicolassarkozy avait été créé en septembre 2010. «Son caractère parodique était inéquivoque. Il ne violait donc pas les conditions générales de Twitter, qui précisent qu’en cas de compte parodique, la mention précisant le caractère caricatural ou parodique du compte doivent figurer dans l’intitulé de celui-ci. Les archives récupérées de ce compte montrent qu’il respectait absolument cette exigence», explique Internet sans frontières. Kaboul.fr, animateur du compte @_nicolassarkozy, confirme: «La dimension parodique est clairement exprimée dans la biographie» du compte en question. Il explique que Twitter avait validé sa conformité il y a «environ un an et demi».

Effectivement, le site de micro-blogging précise dans ses pages «centre d’assistance»: «Twitter tolère les comptes de parodie, de commentaires ou de fans. Nous mettons à disposition une plate-forme rendant possible le partage et l’échange d’idées et de contenu. Nous avons donc un profond respect pour le droit d’expression de nos utilisateurs».

L'équipe Web de Nicolas Sarkozy a signalé certains comptes

En revanche, un bouton existe sur le site de micro-blogging pour permettre aux utilisateurs de signaler des pratiques indésirables ou de dénoncer les usurpations d’identité. En général, ces signalements aboutissent à la suspension automatique des comptes en ligne de mire. C'est ce qu'a fait l'équipe Web du président-candidat, d'après Le Monde. «Un responsable de l'équipe Internet de Nicolas Sarkozy explique avoir demandé à Twitter – par l'intermédiaire d'un formulaire en ligne – la fermeture de comptes pour usurpation de l'identité du président», rapporte le site du quotidien. Pourtant, en plus de se proclamer parodiques, plusieurs de ces comptes ne comportaient pas le nom du président de la République dans leur intitulé, comme @fortefrance ou encore @mafranceforte. D'ailleurs, le responsable de l'équipe de Nicolas Sarkozy a affirmé au Monde qu'aucune action n'a été entreprise pour les comptes parodiques n'utilisant pas le nom du candidat. Alors pourquoi ont-ils été suspendus au-même moment? Contacté par 20 Minutes, Twitter n'a pas encore réagi sur ce sujet.

La semaine dernière, un autre réseau social, Facebook, était soupçonné de rouler pour Nicolas Sarkozy. Dans une chronique publiée sur L'Express.fr, le journaliste Frédéric Martel affirme que l'entreprise de Mark Zuckerberg a travaillé main dans la main avec l'Elysée pour mettre en place la «Timeline» du président de la République, le favorisant par rapport aux autres candidats à la présidentielle. Le palais présidentiel et le réseau social ont fermement démenti ces accusations.

Anaëlle Grondin
Newsletter
HIGH-TECH

Recevez une fois
par semaine
toute l'actualité high-tech

publicité
publicité
publicité
publicité
Les dernières contributions

Chargement des contributions en cours

Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr