Google a trouvé en un de ses cadres égyptiens, élevé au rang de héros de la révolution par la population, un VRP en or dans le pays. Arrêté par les forces de sécurité lors des manifestations, Wael Ghonim est rapidement devenu la figure de proue du mouvement de contestation sans précédent qui s'est achevé par la démission, vendredi, du président Hosni Moubarak au pouvoir depuis près de 30 ans.
«Une bonne publicité pour Google»
Afin de contourner la censure d'Internet mise en place au début de la mobilisation, les ingénieurs de Google ont participé à la mise en place d'une plateforme permettant aux Egyptiens d'utiliser le site de micro-blogging Twitter en appelant un numéro de téléphone et en laissant un message vocal.
Malgré cette implication, Google n'a fait aucun commentaire sur la situation politique égyptienne, préférant se concentrer sur les valeurs de liberté de l'information et d'Internet. «Nous sommes incroyablement fiers de voir les Googlers (employés de Google) prendre position sur ces questions», a indiqué vendredi une porte-parole, Jill Hazlbaker.
Le rôle joué par Ghonim «va donner à Google une bonne publicité», souligne Rosabeth Kanter, professeure à l'Harvard Business School. Google tente en effet depuis plusieurs années de se débarasser de son image de «diable». La société californienne a ainsi pris publiquement position contre la censure en Chine et fait depuis l'année dernière rediriger sa page chinoise vers sa page hongkongaise tout en poursuivant ses opérations commerciales dans le pays.
«Ils doivent être prudents», a néanmoins ajouté Rosabeth Kanter. Car si les internautes et les entreprises apprécient les outils de communication proposés par Google, les gouvernements pourraient voir la compagnie comme une menace. «Google ne sera pas le moteur de recherche de leur choix, indique Kanter. On y va pour vendre des produits et des services, pas pour renverser le régime.»
Rôle de Facebook et Twitter
En s'adressant publiquement à la foule égyptienne après sa libération, Ghonim avait mis en avant l'importance de Google et d'Internet. «J'ai toujours dit que si vous voulez libérer une société, il suffit simplement de leur donner l'accès à Internet», a-t-il réaffirmé vendredi sur CNN. «S'il avait été un cadre de Philip Morris ou autre, je ne pense pas qu'il aurait occupé une place aussi importante dans cette histoire», estime Hani Sabra, analyste à Eurasia Group.
Le cadre marketing de google a participé à la création du page de réseau social Facebook «Nous sommes tous Khaled Saïd» consacrée à une victime de la brutalité policière qui a remporté un vif succès auprès des manifestants. Internet et les réseaux sociaux, comme Facebook et Twitter, ont joué un rôle important dans la soulèvement égyptien en facilitant la communication et l'organisation des rassemblements. Ghonim lui-même a salué le rôle joué par une autre société dans la révolution égyptienne : Facebook. «Cette révolution a commencé sur Facebook, a-t-il dit sur CNN. J'aimerais rencontrer son fondateur Mark Zuckerberg un jour et le remercier.»