Pour être heureux, faites comme si tous les jours étaient des dimanches matins, au sud de la Floride. Une étude menée par la Northeastern University College of Computer and Information Sciences, en partenariat avec la Harvard Medical School, a décortiqué 300 millions de tweets, de septembre 2006 à août 2009, et vient de déboucher sur une cartographie du bonheur aux Etats-Unis..
Les deux conclusions principales sont spatiales et temporelles. La côte ouest semble plus heureuse que la côte est, et les pics de bonheur se situent le matin et le soir, hors des heures denses de travail. Les cartogrammes montrent que la plus grande concentration de bonheur se trouve en Californie (d’où l’importance disproportionnée donnée à l’Etat) et que le bonheur le plus fort se trouve en Floride (d’où le vert le plus foncé).
Les week-ends sont aussi des moments de bonheur plus intenses: les instants les plus heureux sont ceux du dimanche matin. Les plus malheureux sont ceux du jeudi soir, juste avant que le dernier jour de travail de la semaine ne commence.
Réserves
Si l’échantillon de tweets analysé est très élevé (300 millions de tweets), de même que la période étudiée (2006-2009), Twitter n’est pas encore un outil forcément représentatif de la population. Il y a un peu plus de 110 millions d’utilisateurs sur Twitter dans le monde et plus de 300 millions d’habitants aux Etats-Unis. En outre, les utilisateurs de Twitter sont plus jeunes que la moyenne (les plus actifs ont entre 35 et 49 ans) et sont parmi les plus connectés.
Twitter, outil de recherche
Si le réseau social est donc encore un outil discutable, de plus en plus de chercheurs s’accordent à voir en lui une source d’informations sociologiques foisonnante. En 2009 déjà, deux statisticiens de University of Vermont voulaient en faire un «hédonistomètre», ou thermomètre du bonheur, pour prendre la température de l’opinion publique. C’est l’immédiateté de l’indice qui les intéressait.