«Raoul Moat, tu es une légende», c’était le nom de la page dédiée à l’ennemi public numéro 1 du Royaume-Uni. Cet ancien videur de boîte accusé de meurtre, supposé mu par une haine de la police, avait été traqué pendant une semaine, avant de se suicider.
Mercredi, après que 35.000 personnes sont devenues fans du groupe Facebook en question, le premier ministre britannique, David Cameron, a exprimé son dégoût. Facebook a refusé de supprimer la page (politique de non-ingérence de Mark Zuckerberg) mais c’est la créatrice de la page qui a cédé. Siobhan O'Dowd «ne sait pas vraiment» pourquoi elle en est venue à cette suppression. «Mais la page devrait être rouverte bientôt».
Emoi
Outre la réaction de David Cameron, beaucoup d’internautes se sont émus de la création de ce groupe, en hommage à un fugitif accusé de meurtre. «Pour être honnête, ce n’est pas le genre de réactions auxquelles je m’attendais. Chacun a le droit d’avoir son opinion. Même Facebook l’a dit, d’où leur refus de supprimer la page.»
La page honorait Raoul Moat et critiquait la police. Quelques heures avant la suppression de la page Siobhan O'Dowd a expliqué ses vues à la radio: «Tout le monde a droit à ses propres opinions. Les légendes sont des gens dont on parle beaucoup, et on parle beaucoup de Raoul Moat, pour moi, cela fait de lui une légende.» De façon plus polémique, elle a ajouté: «Il est temps que quelqu’un donne quelque chose à faire à la police, c’est pour ça qu’on les paye, pour attraper des criminels. Au moins ils ont mérité leur salaire.»
Facebook a réaffirmé jeudi que seules les pages «violant les conditions posées» seraient supprimées. «Facebook est un lieu où les gens peuvent exprimer leurs opinions et discuter de façon ouverte, comme dans beaucoup d’autres endroits. On se retrouve parfois à entendre des gens discuter de choses qui nous paraissent aberrantes, et ce n’est pas pour autant une raison en soi pour arrêter d’en débattre.»