WEB - Un appel à dessiner Mahomet sur Facebook a fortement déplu...
Puisque
c’est supposé interdit, c’est beaucoup plus amusant: dessinons tous un petit prophète, propose un groupe Facebook depuis un mois. Mais cet humour n’est pas du goût des autorités pakistanaises, qui ont bloqué l'accès à ce réseau de socialisation sur Internet ainsi qu'à YouTube et «fermement condamné» ce qu'elles considèrent comme des «caricatures».
La nouvelle controverse est née il y a un mois, quand
l’Américaine Mimi Sulpovar a lancé sur Facebook un concours intitulé «La journée des dessins de Mahomet» dans lequel elle invitait à poster sur le site, le 20 mai, des dessins représentant le prophète. Des milliers de Pakistanais et de musulmans d'autres pays ont protesté sur Facebook. Et le 20 mai est arrivé.
Manifestations
Ce jeudi, des
manifestations hostiles à Facebook se sont déroulées sans violence dans plusieurs villes du Pakistan, qui a été le théâtre des mouvements de rues les plus violents
par le passé à propos des caricatures danoises.
A Islamabad, à l'appel d'un parti islamiste, une centaine d'étudiants ont manifesté en faveur d'un boycott de Facebook et YouTube, scandant des slogans anti-occidentaux et demandant aux musulmans de «sacrifier leurs vies pour la gloire de l'islam et du prophète Mahomet», a rapporté un journaliste de l'AFP sur place.
Blocage
Mercredi, sur une requête en référé d'un groupe d'avocats, la Haute Cour de Lahore a ordonné aux autorités de bloquer l'accès à Facebook jusqu'au 31 mai, date de l'audience qui jugera l'affaire sur le fond.
Aussitôt, le gouvernement a ordonné à tous les fournisseurs d'accès à Internet de «bloquer l'accès au site de Facebook jusqu'à nouvel ordre». Puis jeudi, c'était au tour de YouTube «en raison de la multiplication de contenus sacrilèges», se référant également à des dessins du prophète.
Aux Etats-Unis, Facebook s'est dit mercredi soir dans un communiqué «très déçu par le jugement de la cour (de Lahore) de bloquer» son site «sans avertissement». «
Nous analysons la situation et les implications judiciaires et nous prendrons les mesures appropriées, qui pourraient inclure l'impossibilité pour les usagers au Pakistan d'accéder» aux pages incriminées, a cependant promis Facebook depuis son siège de Palo Alto, en Californie.
Google a assuré de son côté
qu’il travaillait à une restauration de Youtube.
C.P. avec agence