Ados accros au Web: «Nous sommes tous en train de devenir dépendants»

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Publié le 5 septembre 2012.

INTERVIEW - Le docteur Marc Valleur, spécialiste des addictions, dédramatise la consommation grandissante d'écrans connectés chez les jeunes...

Le résultat d’une vaste étude de l’Inpes vient d’être rendu public, dressant un portrait de l’adolescent-type. Sa conclusion: les jeunes consomment toujours plus d’écrans (Internet, jeux vidéo…), sans en souffrir pour autant. Le docteur Marc Valleur, psychiatre et médecin chef de l’hôpital Marmottan dédié aux pratiques addictives, revient pour 20 Minutes sur les problèmes d’addiction aux écrans chez les plus jeunes.

Quels sont les risques identifiés d’une trop grande consommation d’écrans connectés?

Je tiens d’abord à préciser que les vrais cas d’addiction à Internet et aux jeux en réseau sont rares, alors que le jeu vidéo est sans doute le loisir le plus répandu à l’heure actuelle, donc il ne faut pas dramatiser la situation. Maintenant il peut y avoir des dérives. L’usage d’Internet et des jeux vidéo peut être chronophage, et le temps que le jeune y consacre risque d’empiéter sur les autres formes de loisir et sur le temps de sommeil. Avec comme risque, dans ce dernier cas, d’altérer le niveau de vigilance pendant la journée. Les adolescents peuvent aussi faire moins de sport, moins d’activités...

Constatez-vous, vous aussi, une augmentation de cette consommation chez les jeunes?

Oui c’est un constat que l’on partage, mais nous sommes tous en train de devenir dépendants de ces outils, pour le meilleur et pour le pire. Comme nous sommes devenus dépendants de l’électricité, de la voiture, etc. Il n’y a pas que les plus jeunes qui sont concernés, et de toute façon c’est un mouvement inéluctable. Ce qu’il faut, c’est adapter l’éducation pour intégrer l’existence des smartphones, d’Internet, dans ce qu’on apprend aux enfants. Plus tôt on leur apprendra les bons usages, plus tôt on leur montrera comment décrypter les images qu’ils captent sur tous ces écrans, mieux ça se passera par la suite.

Comment, en tant qu’adulte, maîtriser leur consommation?

Il ne faut pas croire qu’on va les empêcher de consommer ces écrans. Il faut les guider, leur apprendre à ne pas tomber dans les pièges et à trouver des choses intéressantes sur Internet. Après, on est encore dans une phase où c’est aux parents d’aller sur Internet pour s’instruire. Ils ne le savent pas toujours, mais le Web, c’est la plus grande bibliothèque du monde, il faut simplement en intégrer les usages les plus intelligents.

Quels conseils pratiques pour mieux vivre la consommation d’écrans dans le cadre familial?

Les règles sont bien connues: tant qu’on considère le jeune comme un enfant, il ne faut pas installer d’ordinateur dans la chambre, mais choisir un lieu «public», pour éviter les risques de toutes sortes. Il ne faut pas laisser l’enfant trop tôt trop seul face à Internet. Une fois qu’ils sont adolescents, il faut simplement veiller à avoir une idée de ce qu’ils consomment et rester informé, en tant que parents, sur ce que consomment les adolescents. Si on a l’impression qu’ils abusent, il faut voir si les résultats scolaires suivent, si les sorties entre amis se poursuivent… S’il n’y a pas de problème, il ne faut pas en créer artificiellement. S’il y en a, on peut établir des «contrats» avec l’enfant pour réguler sa consommation. Si ça devient trop compliqué, que ça se transforme en conflit avec les parents, on peut consulter dans des établissements spécialisés.

>> Pour aller plus loin, jetez un oeil aux petites vidéos très bien faites de Fédération Addiction sur les écrans et les ados

Propos recueillis par Nicolas Bégasse
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