Le site parodique AFPresque ne veut pas céder face à l'AFP

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Publié le 25 juillet 2012.

JUSTICE - Mis en demeure de cesser ses activités par l'Agence France Presse la semaine dernière, l'auteur du site humoristique AFPresque contre-attaque...

Jeudi dernier, l’AgenceFrancePresque avait dû abandonner son logo et son nom pour devenir «RédacFrancePresque» (ou RFPresque). Les messages humoristiques du site n’étaient pas au goût de l’AFP, qui a décidé la semaine dernière de le mettre en demeure «de cesser immédiatement la contrefaçon» de ses marques et de ses visuels. Pour l’agence de presse, ces similarités visuelles et phonétiques peuvent entraîner la confusion chez le lecteur. Pourtant, l’AFPresque, qui détourne l’actualité pour divertir ses internautes, revendique ce côté humoristique.

D’abord intimidé lorsqu’il a reçu la lettre de mise en demeure de Lambert & Associés, à qui l’Agence France Presse a fait appel, l’auteur du site AFPresque a finalement décidé ce mercredi de contre-attaquer.

 

 

L’AFPresque porte donc plainte contre l’auteur du courrier (Lambert & Associés) et contre X. L’avocat de l’auteur de l’AFPresque s’explique dans une note: «Sans procédure, l’Agence France Presse  a décrété, par la voie de ses conseils, la peine de mort numérique d'un amuseur public. Elle n'en avait pas le droit. Ni sur le fond, ni sur la forme.» Me Christophe Landat pointe du doigt l’article 312-1 du Code pénal: «L’extorsion est le fait d’obtenir par (…) contrainte (…) un engagement ou une renonciation (…) soit la remise de fonds.» Il ajoute que l’article 312-9 du même code réprime la tentative de cette infraction.

L’auteur du site AFPresque a expliqué au Huffington Post: «Je n'ai pas porté plainte contre l'AFP car c'est surtout le courrier de mise en demeure envoyé par ce cabinet qui n'est pas net dans l'affaire. Certes, c'est l'AFP qui a mandaté et déclenché la procédure mais les irrégularités viennent du cabinet Lambert & Associés. Les menaces, c'est eux.» 

Quid de la liberté d’expression?

«Une plainte pénale vient d’être déposée tant pour les engagements obtenus sous la contrainte, que pour les fonds qu’on a tenté d’obtenir par le même moyen, alors qu’aucune créance fondée juridiquement n’existait pour le permettre», poursuit l’avocat. Au nom de la liberté d’expression, il annonce que l’Agence France Presque «va désormais renaître». Il cite l’article 4 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789: «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.»

De son côté, Mathieu Davy, avocat spécialisé en droit des médias et de la propriété intellectuelle, a fait savoir sur Le Plus du Nouvel Obs que «l’auteur de l’AFPresque ne devrait pas être condamné en cas de poursuites» pour plusieurs raisons: «Le titulaire du compte Twitter de l’AFPresque agit seul, sans logique commerciale, dans un but purement humoristique; le caractère humoristique des dépêches de l’AFPresque est flagrant, le risque de confusion entre les articles de l’AFPresque et de vraies dépêches d’information de l’AFP étant quasi-inexistant; l’auteur de l’AFPresque n’était a priori guidé par aucune intention de nuire, aucun élément ne permettant de constater une réelle malveillance.»

A.G.
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