Page d'accueil du site Facebook.
Page d'accueil du site Facebook. - CLOSON DENIS/ISOPIX/SIPA

Anaëlle Grondin

 Vous pensiez que tout était permis sur Facebook? Pas tout à fait. Un journaliste de Reuters, qui s’est entretenu avec un responsable de la sécurité sur le réseau social, révèle que le site fondé par Mark Zuckerberg utilise un système de surveillance des conversations pour traquer les activités criminelles et les prédateurs sexuels. Le bouton mis à disposition des utilisateurs pour signaler certains contenus est donc loin d’être le seul moyen pour Facebook de s’assurer que certaines limites ne soient pas franchies.

Les employés prennent le relais

Facebook utilise ainsi un logiciel de contrôle qui se focalise sur les conversations (messages privés et discussions instantanées) entre membres du réseau social qui se connaissent à peine sur Facebook, n’ont pas d’amis en commun ou possèdent une différence d’âge considérable. Le robot s’intéresse également aux propos incorrects et aux utilisateurs dont les données de profil pourraient être fausses. Le programme scanne aussi les conversations, à la recherche de certaines phrases déjà observées dans les archives de discussions engagées par des criminels, et notamment des prédateurs sexuels. Si un comportement suspect est détecté par le robot, un employé de Facebook prend le relais et regarde de près les échanges. Il prendra ensuite la décision ou non de faire appel aux autorités.

Reuters raconte le cas d’un homme d’une trentaine d’années arrêté par la police et mis en examen après avoir eu une conversation avec une adolescente de 13 ans sur Facebook, à qui il avait donné rendez-vous après ses cours le lendemain de leur première discussion. C’est le logiciel qui avait scanné la conversation et l’avait signalée aux équipes de Facebook, qui ont ensuite appelé la police.

Rassurer les parents inquiets?

Il est rare que Facebook dévoile ce genre d’informations concernant son fonctionnement interne et sa sécurité. Le réseau social chercherait-il à rassurer les parents, inquiets, alors qu’il souhaite ouvrir ses portes aux moins de 13 ans prochainement? Ces révélations ne manqueront toutefois pas de rouvrir le débat sur la confidentialité. Certains utilisateurs verront sans doute dans ce système une violation de leur vie privée, sujet sur lequel Facebook est déjà très critiqué. Et comment éviter les dérives?

«Nous n’avons jamais voulu mettre en place un système dans le lequel les employés fouillent les communications privées, donc c’est très important que nous utilisions des technologies affichant peu de faux positifs», se défend Joe Sullivan, directeur de la sécurité de Facebook, auprès de Reuters.

Selon l’agence de presse, Facebook n’est pas la seule société à avoir recours à de la surveillance à la fois technologique et humaine pour contrarier les desseins des pédophiles.