Extensions de domaine: Vers la fin du «.com»?

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Publié le 14 juin 2012.

WEB - «.Google», «.paris», «.lol»… La liste des nouvelles extensions personnalisées qui sera révélée aujourd'hui à Londres est plus fournie que prévu et pourrait bien révolutionner le Web de demain...

Exit le «.com»? Sa suprématie a en tout cas toutes les chances de décliner dans les prochaines années, à en croire le succès obtenu ce mercredi par l’appel à candidatures de l’ICANN, l’organisme international chargé des noms de domaines: près de 2.000 demandes de nouvelles extensions personnalisées ont été déposées, par des entreprises, villes, collectivités ou entités publiques qui ont répondu en masse à l’appel lancé par l’organisme le 12 janvier dernier.

Aujourd’hui, plus de 48% des 215 millions de sites Internet sont en «.com». Seulement 21 autres noms de domaines sont possibles. Si l’on passait de 22 extensions à plus de 2.000… le Web serait métamorphosé.

50 extensions demandées par Google

Qui sont les candidats? D’abord des entreprises ou entités publiques capables de débourser les 185.000 dollars exigés pour le dépôt d’un dossier de candidature, une telle somme devant permettre à l’ICANN, organisme à but non lucratif, de rentrer dans les frais du «travail colossal» que représente une validation. «Le dossier le plus simple demande au moins 8 mois de validation», assure Stéphane Van Gelder, président de la GNSO, l’une des plus hautes instances de l'ICANN et directeur général d'Indom, le leader français du nom de domaine.

Les candidats sont-ils donc surtout des marques, désireuses d’augmenter leur visibilité? «Il devrait y avoir 40% de marques. Imaginez Orange. C’est un fruit, une couleur, une ville et un opérateur télécom. Si Orange l’opérateur télécom prend le ‘’.orange’’, 185.000 euros, je trouve que ce n’est pas cher» affirme-t-il.

Stéphane Van Gelder ne s’attendait toutefois pas à un tel succès. «La plus grosse surprise, ce sont les 50 extensions annoncées par Google, même si on avait vu venir leur intérêt, relatif au potentiel impact sur le référencement.» Parmi les extensions demandées, le «.google», le «.docx», le «.youtube» et le «.lol». Van Gelder évoque également les 307 extensions demandées par une société américaine qui a levé 100 millions de dollars uniquement dans ce but.

«Cela donne une idée de l’engouement des investisseurs outre-Atlantique pour une activité qui est pourtant encore incertaine!» A plus petite échelle, une boîte française a levé 1,5 million d’euros pour demander cinq extensions: un «.archi», un «.bio», un «.design», un «.immo» et un «.ski». «Celui qui a le ’’.archi’’ peut devenir le synonyme de l’architecture sur le Web» note le spécialiste du nom de domaine.  

Le Web de demain, vraiment plus simple?

Cette multitude de nouvelles extensions ne risque-t-elle pas de complexifier la navigation sur Internet? Pourquoi l’ICANN a-t-il lancé ce projet? «Cela va vous étonner, mais il n’y a pas de  raisonnement sur le pourquoi dans l’idée du projet», avance Stéphane Van Gelder, qui ajoute: «L’ICANN voit le niveau de l’Internet actuel comme un premier niveau, et sa mission est de promouvoir la libre concurrence. Il n’a pas vocation à guider l’innovation.»

«Selon moi, on améliore la signalétique, le niveau de détail sur Internet. Ca ne remplace pas les moteurs de recherche, ça augmente la possibilité d’atteindre sa cible», affirme Stéphane Van Gelder à titre personnel.

Autre intérêt: améliorer la sécurité, «sur un certain type d’acteurs, notamment les banques». «LCL pourrait par exemple annoncer que le seul domaine officiel est le ‘’.lcl’’ et aucune tentative d’abus ne serait possible. C’est un outil qui leur manque aujourd’hui.»

D’autres extensions dans l’esprit de «.xxx», créée récemment pour signaler les sites pornographiques pourraient voir le jour. Le «.xxx» étant très facile à filtrer tandis qu’aujourd’hui un enfant dirigé vers Blancheneige.com peut tout à fait se retrouver sur un site porno.

Les premières extensions en 2013

Les demandes d’extensions seront traitées par lot de 500. «On ne peut ajouter que 1.000 extensions par an sur Internet. Ce qui veut dire qu’en tout il y a 3 ans ou 4 de travail», explique Van Gelder. L’évaluation du premier lot commence en juillet, et les premières extensions personnalisées devraient voir le jour en 2013.

Reste à savoir si elles bouleverseront réellement le Web de demain: «Il est possible que personne ne s’en serve vraiment… Mais je n’y crois pas beaucoup», conclut Stéphane Van Gelder. 

Annabelle Laurent
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