Amit Singhal de Google: «Mon rêve est de construire l'ordinateur de Star Trek»

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Publié le 14 mai 2012.

WEB - En 2001, Amit Singhal, vice-président de Google, écrivait l'algorithme de pertinence du moteur de recherche. Onze ans plus tard, il voit beaucoup plus grand…

Il suffit que vous tapiez «New York» dans Google pour qu’apparaissent des résultats sur la ville américaine. Evident? Seule une formule mathématique permet pourtant d’associer les deux mots dans votre ordinateur. Cet algorithme, de même que celui qui vous donne une réponse même si vous avez rapidement tapé «Nwe Yokr», est étudié et amélioré chaque jour dans le département «Qualité de recherche» du géant du Web qu’est le moteur de recherche Google. A sa tête, Amit Singhal. Un ingénieur d’origine indienne qui, il y a 12 ans, faisait son entrée chez Google, après un PhD en recherche, «Oui, ça existe!» plaisante-t-il.

Et parce que «comme tous les ingénieurs en informatique, il n’avait aucunement l’intention de suivre le système déjà mis en place par d’autres», il réécrit l’algorithme en 2001. Celui que nous connaissons actuellement, et qui, par un système de mots-clés, permet de traiter plus d’un milliard de demandes par jour, «y compris celles que l’homme ne comprendrait pas lui-même».

Singhal veut aujourd’hui aller beaucoup plus loin. «Jusqu’ici, nous avons transformé les données brutes en information. Nous voulons désormais passer de l’information au savoir», explique-t-il. Les «premiers pas» de ce nouveau système sont déjà visibles. C’est ainsi que la recherche «Mount Everest Height» (l’altitude du Mont Everest) aboutit directement à «29.029 feet (8.848 m)», en premier résultat.

Faire penser les ordinateurs comme des humains

Car Google «comprend» qu’il s’agit d’un sommet. «Pour construire le moteur de recherche de demain, il faudra que les ordinateurs comprennent le monde comme vous et moi», affirme Singhal. «Là où ils ne voient pour l’instant qu’une succession de lettres, ils verront, comme nous, des «choses», ce qu’on appelle des ‘entités’.»

Reste à construire «une immense collection d’entités liées entre elles». Aujourd’hui, à la suite d’un «lourd investissement», Google a rassemblé 200 millions d’entités, «qui concernent des personnes, des lieux, etc…»

Singhal prend l’exemple du Taj Mahal: «C’est un magnifique monument pour la plupart des gens, mais c’est aussi un musicien de blues, un casino à Atlantic City ou même le resto indien d’en bas de chez vous. La recherche de demain sera capable de donner ces choix-là.». Et d’avoir réponse à tout. C’est le rêve de Singhal. «Nous pouvons construire le moteur de recherche le plus intelligent sur la planète. A l’âge de 7 ans, j’étais totalement fasciné par Star Trek, mon rêve était de construire le fameux ordinateur. Je suis très enthousiaste à l’idée que mon rêve d’enfant puisse devenir réalité» ose même l’ingénieur devenu un «fellow», titre réservé à ceux que l'entreprise souhaite distinguer.

Google tout puissant?

Si Google a réponse à tout, que deviendront Wikipédia et les autres? «Plus on améliore la recherche sur le Web, plus les gens cherchent et lisent, parce qu’ils passent moins de temps à creuser. C’est un cercle vertueux» rétorque le vice-président qui ajoute: «Si un internaute tape 2+2, il attend de nous qu’on lui réponde 4. Notre job, c’est de répondre à sa question.»

L’intention n’est donc pas de s’approprier l’audience? «Mon département ne s’occupe pas de la pub. On ne pense qu’aux internautes. Nous voulons leur donner un  accès rapide à la connaissance. Car nous croyons au pouvoir de l’information, qui rend le monde meilleur» conclut Singhal avec son enthousiasme inébranlable.

Annabelle Laurent
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