Path, Pair, Family Leaf... Un retour de l'intimité sur le Web?

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Publié le 27 avril 2012.

HIGH-TECH - Les plateformes dédiées à l'échange avec ses «vrais» amis ou réservés au partage avec les membres de sa famille ont le vent en poupe...

Le partage des moindres détails de sa vie privée avec des centaines d’«amis» sur Internet touche-t-il à sa fin? Des start-up se sont lancées sur un nouveau créneau récemment: les réseaux sociaux «fermés». L’idée est de se recentrer sur les relations qui comptent vraiment. C’est ainsi que sont apparus Path, Pair ou encore Family Leaf et Kidfolio. Le premier, disponible sous forme d’application smartphone, vous propose de partager vos photos et vos humeurs comme vous le feriez sur Facebook, mais uniquement avec de «vrais» amis. Pas question d’ajouter des «connaissances», ou pire, des inconnus. De la même manière, Family Leaf et Kidfolio sont réservés aux membres de votre famille. Et Pair, le réseau social (si on peut l’appeler ainsi) le plus petit au monde, vous permet de rester connecté en permanence avec une personne de votre choix.

Dave Morin, ancien salarié de Facebook et fondateur de Path, qui compte près de trois millions d’utilisateurs, a expliqué au New York Times qu’il souhaitait créer «l’opportunité de revenir à des relations plus intimes». Il avait envie d’«offrir un endroit de confiance où partager avec ses amis et sa famille», a-t-il fait savoir en novembre, lorsque la nouvelle version de l’application est sortie. L’avantage avec Path c’est qu’il n’y a pas de paramètres de confidentialité à définir. Nul besoin de se poser la question «avec qui je dois ou ne dois pas partager ce statut ou cette photo?» Tous les proches que vous ajoutez ont accès au contenu. Pair propose la même chose, mais avec un unique être cher. Vous pouvez partager des messages écrits, des photos, des dessins, des vidéos, et envoyer des baisers virtuels à votre moitié, sans risquer de vous tromper de destinataire. Au bout d’une semaine d’existence, Pair comptait déjà 100.000 utilisateurs, selon la start-up.

Une réponse à un besoin des internautes? 

Pour Olivier Vigneaux, directeur général en charge des stratégies de l’agence BETC Digital, ces nouvelles plateformes «répondent à un besoin». «On se rend compte que le partage avec une infinité de gens que l’on ne connaît pas bien pose problème. On a besoin de solutions pour retrouver des cercles avec qui on peut partager une intimité réelle», a-t-il expliqué à 20 Minutes. «C’est ce que tente de faire Google+, mais c’est plus compliqué. Facebook le propose aussi, mais je ne suis pas sûr que les gens prennent le temps  de réorganiser leurs contacts», ajoute cet expert du monde numérique. Fred Pailler, sociologue et ingénieur d’études à l’Ehess, pense qu’il est effectivement «plus pratique d’avoir deux applications distinctes, une publique et l’autre plus confidentielle». Mais pour lui, ces nouvelles plateformes ne rendent pas pour autant les choses «plus authentiques». Il estime que ce côté «confidentiel» est avant tout «un argument de vente pour se démarquer de Facebook».

Virginie Spies, maître de conférence et analyste des médias, pense que le public est effectivement curieux de ces nouveaux réseaux à cause de «tout ce que l’on peut entendre de négatif à propos de Facebook: les échanges sont privés, rien n’est indexé sur Google. On vous donne tout clé en main, c’est rassurant. Quand on voit l’histoire de l’anniversaire Facebook [auquel 32.000 personnes se sont inscrites], le public se dit qu’il faut plus d’intimité». Les réseaux sociaux font partie des «préoccupations essentielles des gens. Il n’y a pas une semaine sans un article sur Big Brother», renchérit Olivier Vigneaux.

«Facebook devient plus une nouvelle manière de consommer le Web»

Ces plateformes ne menacent toutefois pas Facebook. «Ce sont des usages complémentaires. Facebook devient plus une nouvelle manière de consommer le Web. Une clé d’entrée plus sociale que Google pour s’informer de tout ce qui se passe. Beaucoup de gens apprennent des informations par là. Les statuts que l’on va publier sur Path ou Pair, on ne va plus les poster sur Facebook», assure Olivier Vigneaux.

Selon Virgnie Spies, «c’est la suite naturelle des choses, par rapport au développement extraordinaire de Facebook et Twitter. Ça correspond à des usages de la vie. Quand on prend Path ou Family Leaf, on se dit que ça va être utile pour les familles recomposées, ceux qui voyagent ou les petits-enfants qui ne voient pas leurs grands-parents. Le Web s’adapte». Elle conclut: «Et puis, c’est à la mode de dire que l’on n’est plus sur Facebook. C’est comme quand on dit que notre téléphone portable, c’est seulement pour téléphoner».   

Anaëlle Grondin
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