La page d'accueil du site d'écoute musicale Spotify
La page d'accueil du site d'écoute musicale Spotify - DR

Anaëlle Grondin

Cette semaine, Facebook s’est doté d’un nouvel outil que les mélomanes apprécieront. Sur les Timeline de certains artistes, comme Madonna ou les Arctic Monkeys, la fonction «écouter» a rejoint  le bouton «j’aime» pour permettre aux utilisateurs du réseau social de lancer leurs titres d’un clic. Un nouveau bouton qui renvoie vers les différents services de musique en ligne qui ont noué un partenariat avec le site. Le plus souvent, Facebook vous propose d’«écouter avec Spotify». Vous n’êtes pas encore inscrits à la plateforme de musique en streaming? Pas de problème, le réseau social vous propose de l’installer.

Une belle opportunité pour le logiciel suédois. Nul doute que sur les 800 millions d’utilisateurs du réseau social, beaucoup décideront de s’abonner au service grâce à cette nouvelle fonctionnalité. Spotify sait qu’elle peut compter sur Facebook pour ça. Intégrée au réseau social depuis l’automne pour que les membres de Facebook puissent écouter de la musique en même temps que leurs contacts, ce dernier lui a apporté énormément de visibilité. En janvier, Annina Svensson, directrice France de la plateforme musicale, confiait à 20 Minutes: «Depuis qu’on a noué un partenariat avec Facebook il y a quelques mois pour l’intégration de Spotify sur le réseau social, on a eu sept millions de nouveaux utilisateurs. Etant donné le trafic et le nombre de personnes qui utilisent Facebook dans le monde, on se doutait que ce serait une explosion en terme de nombre d’inscrits, et qu’on aurait vraiment l’opportunité de monter en puissance.» 

Un lecteur exportable qui renvoie vers le logiciel

Mais Spotify ne s’est pas contentée d’être présente sur le réseau social, qui a également noué un partenariat avec son principal concurrent, le Français Deezer. Depuis le 11 avril, les internautes peuvent retrouver la plateforme musicale sur n’importe quel site Web, blog ou Tumblr, grâce à son tout nouveau lecteur exportable, service proposé depuis longtemps déjà par Deezer. «C'est vraiment une tactique très habile de la part de Spotify pour attirer de nouveaux utilisateurs. Il s'agit d'un aspect de leur stratégie pour devenir la norme incontournable pour la musique sur Internet», a déclaré à Reuters l'analyste Mark Mulligan. Car à la différence de Deezer, l'internaute devra disposer du logiciel Spotify sur son ordinateur ou bien le télécharger pour pouvoir écouter la musique proposée sur le site à partir de son fameux lecteur. Et pour s’assurer du bon démarrage de celui-ci, la plateforme s’est associée avec plusieurs sites anglo-saxons particulièrement visibles comme The Guardian, Vogue et The Huffington Post.

Pour se démarquer encore plus de son concurrent français, Spotify a aussi lancé il y a quelque temps Spotify Apps, une plateforme d’application. Inédit pour un service de streaming musical. Ses partenaires peuvent créer des modules directement intégrés à Spotify pour proposer des critiques d’albums, des playlists, des paroles de chanson, etc. Le logiciel de streaming ne s’est pas allié à n’importe qui pour poursuivre sa conquête et inciter non seulement le public à s’inscrire mais les maisons de disque à lui confier leurs catalogues. The Guardian, Billboard, Rolling Stone, Last FM et Pitchfork ont une app. Sur son blog, Mark Mulligan affirme que Spotify «espère que le fait de créer un écosystème de développeurs et d’utilisateurs d’applis va les rendre incontournables en tant que plateforme auprès de l’industrie musicale». 

Les albums introuvables, un reproche récurrent

Mais le logiciel, qui compte plus de 10 millions d’inscrits et continue de s’étendre géographiquement, a encore du chemin à faire. Plusieurs artistes «blacklistent» Spotify de peur de voir les ventes digitales de leurs albums cannibalisées. Ainsi, vous ne trouverez pas le dernier album d’Adele. Et de nombreux opus, comme ceux de AC/DC, Pink Floyd, Led Zeppelin, Metallica, ou des Beatles sont introuvables aujourd’hui faute d’accord avec les maisons de disque. Le catalogue de Spotify, riche de 16 millions de titres, reste donc incomplet.  En outre, l’obligation d’installer le logiciel sur son ordinateur pour accéder à la plateforme peut être considérée comme une contrainte.

Autre reproche, il est obligatoire depuis l’automne d’avoir un compte Facebook pour pouvoir utiliser Spotify, chose que beaucoup d’internautes fustigent. Enfin, la plateforme n’est pas encore complètement satisfaisante pour faire de vraies découvertes musicales. D’autres applications comme SoundCloud ou The Hype Machine, qui révèlent les tendances de la blogosphère, sont beaucoup plus intéressantes de ce côté-là.

>> Et vous, écoutez-vous de la musique en ligne? Si oui, quel service avez-vous choisi? Dites-le nous dans les commentaires ci-dessous.