Le site Megaupload.com et de nombreux noms de domaine associés, ont été fermés par le FBI le 19 janvier 2012.
Le site Megaupload.com et de nombreux noms de domaine associés, ont été fermés par le FBI le 19 janvier 2012. - DR

C.P. et P.B.

C’était prévisible: le tremblement de terre Megaupload secoue toute la Toile. Nombre de contenus des sites VideoBB, VideoZer et FileServe, qui, selon Numerama «semblent tous appartenir à une même société basée à Hong Kong (comme MegaUpload)», ont disparu.

Comme nous l’expliquions le 20 janvier, l’inculpation de Kim Dotcom, patron de Megaupload, pour «conspiration de racket», «conspiration de violation de copyright» et «conspiration de blanchiment d'argent», modère les ardeurs des autres sites. Sur certains, dont Videobb par exemple, les comptes créés ont également été désactivés.

 

Fin des programmes de rémunération

FileSonic, qui permet d’héberger des fichiers sur un disque dur virtuel, a désactivé le partage de fichiers. Filesonic «permettait aussi de partager ces fichiers entre plusieurs comptes, ce qui faisait peser sur lui un risque juridique de contrefaçon par fourniture de moyens», explique Numerama. En clair, il n'est possible de télécharger que les fichiers qu'on a soi-même mis en ligne.

 

Surtout, le site a mis fin à son programme de rémunération qui payait automatiquement ceux qui mettaient en ligne des fichiers populaires –en fonction du nombre de téléchargements. Officiellement, il s'agissait de rémunérer un artiste qui aurait décider de partager ses fichiers. Mais le FBI accuse Megaupload d'avoir rémunéré des pirates par ce biais. La page du «programme pour affiliés» n'est plus accessible chez FileSonic, mais on la trouve encore en cache sur Google. La situation est désormais la même chez FileServe.

 

Coup de froid

Sur un blog publiant des liens vers toute sorte de contenus piratés (films, séries, jeux, musique), les internautes se désolent. «Seulement quatre liens et trois réponses, morne plaine», écrit l'un. «On n'a pas besoin de 50 hébergeurs, trois ou quatre suffisent», répond un autre.

 

Comme la nature a horreur du vide, les pirates se tournent en effet vers des solutions alternatives. Mais de nombreux internautes ont été échaudés par le coup de filet du FBI. «Je n'ai pris un abonnement que pour un mois», raconte un téléchargeur. Certains préfèrent regarder du côté de sites «meta», qui permettent de télécharger des fichiers d'une trentaines d'hébergeurs, afin de se protéger contre les fermetures.

 

«Pour un site qui ferme, quinze rouvrent», confie à 20 Minutes Jérémie Zimmermann, de la l’association la Quadrature du Net. Malgré tout, sur le court terme, on semble assister à une auto-censure qui n'est pas sans rappeler l'année 2006, quand la décision judiciaire MGM contre Grokster avait précipité la fin d'autres services (Kazaa, Edonkey2000 etc).