Deux attaques informatiques ont eu lieu dimanche contre le site du Sénat et celui de la députée (UMP) Valérie Boyer. Dimanche matin, le site senat.fr a été victime d’un déni de service, une attaque rendant impossible son accès, finalement débloqué lundi en fin d’après-midi. Dimanche, c’est le site de Valérie Boyer qui a été piraté, le drapeau turc accompagné d’un message signé d’un groupe de hackers, «Grayhatz», se substituant à la page d’accueil classique. Lundi, le site valerie-boyer.fr n’affichait qu’un sobre «Site indisponible».
Selon Guillaume Perrier, le correspondant du Monde en Turquie, l’attaque contre le Sénat a été revendiquée par un célèbre hacker turc se faisant appeler Iskorpitx. Selon la note de blog du correspondant du Monde, Iskorpitx avait déjà piraté les sites de l’Education nationale et de la Sécurité sociale en 2006, ainsi que celui du Parlement néo-zélandais en 2010 à la suite de la reconnaissance par celui-ci du génocide arménien.
Et c’est bien à la polémique sur ce génocide que sont rattachées ces offensives sur Internet. Jeudi dernier, la proposition de loi condamnant la négation du génocide arménien, rédigée par Valérie Boyer, a été adoptée par l’Assemblée nationale, provoquant la colère des Turcs, depuis le premier ministre Erdogan jusqu’aux membres de la communauté turque en France… En passant, donc, par les hackers turcs, qualifiés par Guillaume Perrier de «bons petits soldats du cybernationalisme».
Parmi eux, Grayhatz, le groupe responsable du piratage du site de Valérie Boyer, s’est félicité lundi de l'attention médiatique accordée à ce piratage, tout en appelant à la conduite d'actions similaires contre les sites représentant l'Etat français, l'UMP ou Nicolas Sarkozy, selon Clubic.com.
Pour l’instant, la riposte tarde à arriver du côté des institutions françaises. Selon Numerama.com, l’administrateur du site senat.fr cherchait de l’aide sur FRnOG, un réseau spécialisé, à la suite du déni de service frappant le site de la Haute assemblée: «Le père Noël nous a gâtés et nous subissons au Sénat une attaque par déni de service depuis dimanche matin 7h, heure locale», affirmait-il, demandant un coup de main pour lutter contre l’attaque. Concernant le site de la députée UMP, l’Assemblée nationale a indiqué à 20 Minutes ce lundi ne pas vouloir communiquer sur la protection offerte aux sites des députés, se contentant de garantir qu’ils étaient «hautement sécurisés».
Il vaut mieux: selon le correspondant en Turquie du Monde, la veille du vote de la loi sur le génocide arménien à l’Assemblée nationale, un appel avait été lancé par le leader du groupe de hackers turcs Akincilar: il n’y a qu’«une seule cible: la France», avait-il affirmé. Selon Numerama.com, Grayhatz, qui serait lié à Akincilar, a lancé cet autre avertissement le 24 décembre: «Nous allons pirater tous les sites web des députés français. Nous nous expliquerons après avoir fini de protester sur les autres sites web».