Une forêt de doigts levés pour la lecture à haute voix et pour les exercices d'écriture... Seul Twitter suscite de telles réactions chez les enfants d'une école de Seclin, dans le nord de la France, l'une des premières du pays à utiliser le site de micro-blogging. "Sur Twitter, il y a l'image, le son, mais ça ne leur enlève pas l'intérêt pour l'écriture, au contraire", sourit Céline Lamare, institutrice d'une classe pour des enfants de 7 ans de l'école privée de l'Immaculée Conception.
Une forêt de doigts levés pour la lecture à haute voix et pour les exercices d'écriture... Seul Twitter suscite de telles réactions chez les enfants d'une école de Seclin, dans le nord de la France, l'une des premières du pays à utiliser le site de micro-blogging. "Sur Twitter, il y a l'image, le son, mais ça ne leur enlève pas l'intérêt pour l'écriture, au contraire", sourit Céline Lamare, institutrice d'une classe pour des enfants de 7 ans de l'école privée de l'Immaculée Conception. - Philippe Huguen afp.com

© 2011 AFP

Une forêt de doigts levés pour la lecture à haute voix et pour les exercices d'écriture... Seul Twitter suscite de telles réactions chez les enfants d'une école de Seclin, dans le nord de la France, l'une des premières du pays à utiliser le site de micro-blogging. «Sur Twitter, il y a l'image, le son, mais ça ne leur enlève pas l'intérêt pour l'écriture, au contraire», sourit Céline Lamare, institutrice d'une classe pour des enfants de 7 ans de l'école privée de l'Immaculée Conception

Depuis septembre, elle intègre aux cours des séances de «tweets», ces courts messages instantanés de 140 caractères maximum, parfois accompagnés de photos et de vidéos, que s'échangent les abonnés à Twitter. Chaque matin, l'institutrice allume le tableau interactif, sorte d'écran d'ordinateur géant connecté à Internet, qui remplace depuis la rentrée le traditionnel tableau noir. Les tweets d'autres classes, françaises, belges et canadiennes s'affichent. Presque tous sont volontaires pour les lire à haute voix.

«Les 140 caractères de Twitter correspondent très bien à leur niveau»

La photo d'un paysage enneigé postée du Canada suscite l'enthousiasme des enfants, qui tentent de traduire la phrase en anglais qui l'accompagne. «Pendant la journée, s'il se passe quelque chose d'intéressant sur Twitter, on prend dix minutes pour l'expliquer», si cela ne perturbe pas le fonctionnement normal de la classe, explique Céline Lamare. Les enfants se mettent ensuite à rédiger des messages pour leurs correspondants, ou à leur préparer des dessins. Des activités très classiques pour des élèves de 7-8 ans, mais qui prennent une nouvelle dimension grâce à Twitter.

D'abord écrits à la main sur un cahier, les messages ne sont envoyés qu'une fois toutes les fautes d'orthographe corrigées. Des phrases simples et courtes («Bonjour, je m'appelle Elise, j'habite à Seclin et j'ai 7 ans»), parfaites pour le micro-blogging. «Les 140 caractères de Twitter correspondent très bien à leur niveau», explique Céline Lamare. La classe entre ensuite en effervescence, le temps de taper les messages sur l'iPhone de l'institutrice, ou en salle informatique.

La phase d'inquiétude des parents est passée

Twitter «donne du sens» aux apprentissages traditionnels, note Céline Lamare, car les élèves écrivent en pensant à ceux qui les liront. Même pour les élèves les plus en difficulté, «Twitter permet de libérer l'écriture». «On peut discuter avec d'autres classes, donc on s'applique plus», confirme Valentine, petite blonde au sourire canaille. Les premiers projets scolaires liés à Twitter ont vu le jour il y a deux ans, au départ pour des lycéens. 124 projets, de la primaire (37) à l'université, sont désormais recensés par le site Twittclasses.

Loin de remplacer les cours, Twitter s'y «insère» très facilement, souligne Céline Lamare. Selon elle, le micro-blogging ne déconcentre pas les élèves, «ce sont des "digital native" (natifs du numérique)! Au contraire, quand il n'y a pas d'écran, ils n'écoutent pas.» Même à sept ans, les écoliers ne sont pas des novices du numérique. «Il y a quelques années, j'aurais fait un cours pour maîtriser la souris, mais là pas besoin», constate l'enseignante. Presque tous ont Internet à la maison et amènent les photos destinées à Twitter sur une clé USB. Quant aux parents, après une phase d'inquiétude liée à la mauvaise réputation des réseaux sociaux, «ils parlent maintenant du plaisir des enfants à venir à l'école», assure Céline Lamare.