Comment Google transforme notre cerveau

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Publié le 18 juillet 2011.

MEDIAS – En transformant notre mémoire…

«Comment il s’appelle déjà ce type qui a écrit les Misérables, au XVIIIe siècle?» C’était Victor Hugo et c’était le XIXe, mais vous n’aurez jamais à subir la gêne de ne pas le savoir: vous l’aurez googlé avant de poser la question.

«Nous n’avons plus, désormais, à faire des efforts coûteux pour trouver les informations que l’on veut», souligne une étude de la revue Science, menée sur les effets de cette facilité d’accès à l’information. «Les résultats de notre enquête suggèrent que quand ils sont mis face à face avec des questions difficiles, les gens sont enclins à penser à des ordinateurs, et que lorsque les gens s’attendent à avoir un accès imminent à l’information, ils ont des taux plus bas de ressouvenance de l’information, mais se souviennent plus facilement de la manière d’y accéder. Internet est devenue une forme primordiale de mémoire externe ou ‘transactive’, où l’information est stockée collectivement, hors de nous-mêmes». Et donc nous n’avons plus besoin de la stocker en nous-mêmes.


Nous sommes de plus en plus intelligents

Ce qui ne signifie en aucun cas que Google nous rend stupides. «Nous savons que les gens sont de plus en plus intelligents», souligne même Betsy Sparrow, l’un des trois chercheurs auteurs de l’étude, intitulée «Les effets de Google sur la mémoire: les conséquences cognitives de la possibilité d’avoir l’information au bout des doigts».

 

Nous ne devenons pas plus bêtes, nous pensons simplement différemment. Nous sommes habitués à attendre de certaines personnes qu’elles nous donnent certaines informations, au sein de notre famille, de nos amis, et nous accordons désormais ce rôle à Internet.

Sur son blog dévolu à la science, le Guardian précise que le cerveau humain est conçu de manière à accorder aux autres le rôle de source d’information. «Chacun d’entre nous peut ainsi se spécialiser et se focaliser sur les choses qui nous importent directement, confiant dans le fait que la connaissance que nos accointances ont du reste est assurée. C’est grâce à cette distribution de la connaissance, des talents et du travail que nous avons pu construire des civilisations au départ – si nous devions tous tout savoir nous-mêmes, nous aurions eu bien de la chance de quitter l’âge de pierre».

Charlotte Pudlowski
Emploi

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