La curation, nouvelle tarte à la crème du web?

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Publié le 8 février 2011.

WEB - A l'occasion de la Social Media Week, le web français s'est réuni pour tenter de définir la curation...

Il y a eu le web 1.0, puis le 2.0, ou encore le web social, participatif. A chaque phase de développement du web, un nouveau nom. Depuis mars dernier, les experts web américains discutent «curation». Alors que la Social Media Week débutait lundi à Paris, journalistes, blogueurs, web entrepreneurs se sont réunis pour tenter de le définir.

Avec 36 heures de vidéos postées chaque minute sur Youtube et plus de 4 milliards de photos sur le site Flickr, le web apparait comme un «festin gratuit et délicieux». Problème, c’est beaucoup pour n’importe quel internaute. On a donc besoin de quelqu’un pour faire le tri. Trouver, sélectionner, éditer, dépolluer le web, la «curation» serait la recette miracle à cette abondance de contenu. Mais est-ce vraiment nouveau?

Qu’est-ce-que la «curation»?
Curation, vient du métier de «curator» qui désigne, en anglais, les conservateurs de musées qui sélectionnent des tableaux pour en faire une collection qui ait du sens. Le Louvre n'expose pas toutes ses œuvres mais fait ainsi des expositions thématiques. Sur le web, la curation consiste à sélectionner du contenu web (des liens, des vidéos, des sons, des photos) pour en faire une collection, un tout cohérent, éditorialisé. A propos des événements en Egypte par exemple, beaucoup de tweets, de status Facebook, de photo Flickr, de vidéos Youtube publiées dans le monde entier par des internautes, mais pour les éditer et en faire un contenu intéressant et à valeur ajoutée, il faut faire de la «curation» et construire une histoire en sélectionnant ceux qui sont les plus signifiants.

Qui sont les «curators»?
«N'importe qui peut être curator pourvu que vous ayez des passions» lance Patrice Lamothe, le fondateur de Pearltrees, une platerforme de visualisation qui permet de construire des arbres à de "perles" qui renvoient vers des pages web sélectionnées par des utilisateurs, en fonction du sujet. Bibliothécaires, libraires, passionné de sports, de jeux... «Il faut connaître un minimum le sujet pour aller chercher des bonnes sources, les réunir.» Le terme d'éditeur revient dans les propos de Eric Scherer, directeur des nouveaux médias chez France Télévisions, Benoît Raphaël, co-fondateur du Post.fr et Frédéric Montagnon, fondateur d'Over-blog (première plateforme de blog française) lors du panel. Est «curator», ou éditeur, toute personne qui organise le web pour les autres, sous forme de revue du web, d'agrégation de contenus, faisant ainsi découvrir du contenu produit par les internautes aux lecteurs.

Quels sont les outils?
Pearltrees, Tumblr, Storify, Curated.by, Scoop.it (qui a à peine six mois), et depuis plus longtemps les réseaux sociaux Twitter, Facebook avec les fonctions de listes et de groupes, tous les outils qui permettent de relayer le contenu tout en fournissant des fonctionnalités de réseaux sociaux et d'agrégation à partir de tout ce qui est existant sur internet.

Qu'est ce que la curation change à l'information sur le web?
«La curation signifie la réappropriation et la démocratisation du web» selon Dominique Cardon, chercheur à l'EHESS au Centre d'Etudes des Mouvements Sociaux, cela constitue le «meilleur moteur de recherche sociale et met en avant la crise de ceux qui font l'agenda de l'information. On entre dans une ère où on publie d'abord le contenu avant de le filtrer» précise t-il reprenant les propos du gourou du web américain Clay Shirky. Le site américain, le Huffington Post s'est ainsi construit à partir d'une rédaction de journalistes/blogueurs/éditeurs/sélectionneurs.

«Depuis des années il y a des outils pour faire le tri sur internet, avec Digg et Delicious» (des outils qui permettent de marquer des pages sur le web) souligne Benoît Raphaël. Vérifier, éditer, mettre en scène l'information a toujours été le métier du journaliste web. Et Internet a suscité, dès les années 90, le lien, le partage, le terme de «curation» (pas très agréable à l'oreille) vient donc seulement préciser, démocratiser une tendance naturelle du web permise par les outils existants et accessibles à tous, plus seulement aux medias et aux producteurs traditionnels de contenu.

Que pensez-vous de ce nouveau terme? Avez-vous une traduction qui décrirait fidèlement cette pratique web? Vous pouvez nous envoyer vos propositions, explications, remarques dans les commentaires.

Mélissa Bounoua, avec Charles Dufresne
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