Pour Google, la fin de l'anonymat c'est le futur du Web

WEB Le président de Google, Eric Schmidt, s'est exprimé à la Techonomy Conference...

C.P.

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Eric Schmidt, PDG de Google en mai 2010

Eric Schmidt, PDG de Google en mai 2010 — SIPA/Paul Sakuma

Comment la technologie change-t-elle la société? C’était un thème de réflexion de la Technomy Conference qui se tenait en Californie la semaine dernière. La réponse d’Eric Schmidt, président de Google: elle va permettre la fin de l’anonymat, chose dangereuse, et à laquelle les gouvernements voudront mettre fin.
 
«La vie privée est une chose incroyablement importante» selon le président de Google. «Mais la vie privée n’est pas la même chose que l’anonymat. (…) Mais si vous essayez de commettre un terrible crime, il n’est pas évident que vous ayez le droit de le faire dans l’anonymat le plus complet. Il n’y a aucun système dans notre société qui vous le permette. Les juges insistent pour que le responsable soit démasqué. Un anonymat complet pourrait mener à des décisions très compliquées pour nos gouvernements, et pour nos sociétés en général.»

Le monde «n'est pas prêt pour la révolution technologique qui s'annonce» selon le PDG. Trop d’informations, plus de données à gérer que nos sociétés ne savent encore le faire. «L’unique façon de gérer ce problème est une transparence véritable, et la fin de l'anonymat. Dans un monde de menaces asynchrones, il est trop dangereux de ne pas pouvoir vous identifier d'une manière ou d'une autre.»

L’anonymat en question

La question de l’anonymat se pose dans tous les pays. Aux Etats-Unis, l’organe chargé de la protection de la vie privée et de créer un «cyberespace sécurisé», le NSTIC, propose de se débarrasser des multiples identités sur le Web, pour n’en garder qu’une, la vrai. En France, la proposition de loi du sénateur apparenté UMP Jean-Louis Masson, l’illustre.Il proposait en mai une loi mettant un terme à l’anonymat des blogueurs. Outre les gouvernements, Blizzard, l’éditeur de jeux vidéo comme World of Warcraft, Diablo II ou encore Starcraft annonçait en juillet que le système «Nom réél» (RealID), actuellement cantonné à Battle.net, serait appliqué sur ses forums – autrement dit qu’on ne pourrait plus y chatter sous de faux noms.
 
Désaccords
 
Pour ceux que la fin de l’anonymat inquiète néanmoins, la France n’est pas prête de céder. En réponse à la proposition de Jean-Louis Masson, la ministre de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet avait répondu qu’une décision empêchant l’anonymat «serait à la fois inopportune et inefficace.»

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