La nouvelle interface Facebook de contrôle des données personnelles, dévoilée le 26 mai 2010
La nouvelle interface Facebook de contrôle des données personnelles, dévoilée le 26 mai 2010 - DR

Non, les ados ne sont pas tous des exhibitionnistes, prêts à mettre leurs photos avinées sur Internet. Loin des clichés, les jeunes font même de plus en plus attention à ce qu’ils mettent sur le réseau. «Mon profil est restreint depuis un an» raconte ainsi Agathe, étudiante de 20 ans. «J’avais entendu parler des problèmes de vie privée sur Internet, de photos repérées par des futurs employeurs, de gens qui perdaient leurs emplois à cause de leur profil Facebook. J’avais vu un reportage sur le sujet et je m’étais dit que c’était plus prudent de limiter mon profil.»
 
Agathe n’est pas la seule, au contraire. Une étude menée par deux chercheurs américains, Eszter Hargittai, de la Northwestern University, et Danah Boyd, du centre Berkman d’Harvard, consacré aux liens entre Internet et la société, montre que contrairement au préjugé selon lequel les jeunes étalent leur vie sur Facebook, ces derniers y sont de plus en plus attentifs.
 
«Et il y a de plus en plus de parents qui sont sur Facebook, et qui pourraient regarder»

Les chercheurs ont étudié le comportement d’étudiants de première année d’université, de Chicago, et les ont suivis pendant deux ans, de 2008 à 2010. Les chiffres montrent que d’une année sur l’autre, les étudiants sont devenus de plus en plus inquiets de leurs paramètres de confidentialité, s’en souciant beaucoup plus la deuxième année, et modifiant ces paramètres à une plus haute fréquence.


En France, les histoires de jeunes ne trouvant pas de travail parce que leur employeur les a surpris en train de fumer un joint sur Facebook, de ceux qui n’obtiennent pas leur diplôme de prof parce qu’ils se montrent avec une bière sur le net, sont moins fréquentes. Et Facebook s’est installé dans la société française un peu plus tard. Reste que les jeunes font de plus en plus attention.

«Mon patron n’ira jamais voir mes photos»
 
Grégoire, 17 ans, a été prévenu par ses sœurs et ses parents. «Ils m’ont dit de rendre mon compte inaccessible aux gens avec qui je ne suis pas ami. Mais de toute façon je ne suis pas très actif sur Facebook, j’aime pas trop poster plein de photos ou de vidéos de moi. Et il y a de plus en plus de parents qui sont sur Facebook, et qui pourraient regarder.»

C’est surtout la peur des conséquences qui amènent les jeunes à restreindre l’accès à leur vie privée. Et quand ils n’ont aucune crainte, ils se retiennent parfois de faire profil bas. Arthur par exemple, jeune paysagiste déjà embauché dans la société d’un ami de ses parents, n’a pas eu à se poser la question. «Je connais très bien mon patron, on s’entend bien, il ira jamais voir mes photos, ou alors il s’en moquera.» Et Arthur pense rester toute sa vie dans cette même entreprise. Et s’il était contraint d’en changer? «Bah peut-être qu’alors je me soucierai de mon image sur Facebook. Mais on verra à ce moment-là.»

Et vous, qu’en pensez-vous? Laissez-vous votre profil facebook ouvert à tous? Etes-vous ami avec votre chef au bureau? Vous a-t-il fait des réflexions sur vos photos? Dites-nous tout dans les commentaires.

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