Paul Yarrow, le «fat guy» qui squatte les reportages de la télé anglaise

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Publié le 3 août 2010.

WEB - Il est apparu derrière les journalistes une centaine de fois, on a fini par le retrouver...

Au début, forcément, on pense à un de ces fakes, à un mème genre disaster girl. Mais non, Paul Yarrow était bien là, depuis des mois, derrière les reporters de toutes les télés anglaises. La BBC, ITV, Channel 4, Sky News et même Al Jazeera: ce bedonnant personnage s'est appliqué à apparaître dans leurs sujets, au point d'intriguer le monde entier.

«Who is this guy? (c'est qui ce mec?)», demande le site fidgetwith.com. Très vite, les internautes et les médias nationaux, puis internationaux, se mettent sur la piste du «fat guy». On l'a aperçu à Westminster, devant les bâtiments de Scotland Yard ou de la cour de Justice... au total, il aurait squatté l'antenne une centaine de fois.

«Ce que je dis c'est: "C'est moi"»

Qui est-il? Quel est son message? Rapidement, son identité secrète est dévoilée: il s'appelle Paul Yarrow et vit dans le sud de Londres. Il a même eu les honneurs de la presse locale en août 2008. Car le bonhomme est d'une sorte de bon Samaritain. «Paul a voué presque chaque jour de sa vie aux autres», affirme le journal.

Paul Yarrow a participé à de nombreuses manifestations défendant la cause des petites gens. Son action médiatique aurait donc une motivation sociale. Oui et non. Finalement retrouvé par le Daily Mail, le fat guy s'est expliqué: «Je sais que c'est très bizarre mais ce que je dis c'est: "C'est moi"».

Le droit à être laid

C'est un peu court, jeune homme, tout ce ramdam pour ça? Paul Yarrow développe: «Je suis peut-être en surpoids, mais c'est moi, je suis somme ça». Car le voilà son combat, le droit à être laid. «Je ne me sens pas bien dans cette société où les médias nous mettent la pression pour qu'on soit beaux», poursuit Paul.

D'où son idée, à lui qui est resté pendant des années dans l'ombre lorsqu'il était agent de sécurité au ministère de la Défense, de se montrer le plus souvent possible à la télé. Sans pour autant rechercher la célébrité, selon lui. «je voulais que mon identité reste secrète», assure-t-il.

«Une légende»

Raté. Aujourd'hui, il raconte qu'on l'arrête dans la rue, et qu'il reçoit des mails de fans de 14 à 60 ans, qui l'ont «retrouvé sur facebook», où il n'a que 19 amis. On lui explique qu'il est «une légende», et le fait de devenir célèbre commence à lui faire peur. Car le bonhomme est timide, et a peur des caméras. C'est ce qu'il a affirmé à un reporter de la BBC qui voulait l'interviewer et qui n'a obtenu gain de cause qu'en tenant son cameraman à distance.

Pauvre Paul, lui qui se voyait en symbole des petits et des anonymes a perdu son combat en gagnant la célébrité. Pire, il s'est décrédibilisé. «Je ne veux pas être drôle, regrette-t-il. Je suis quelqu'un de sérieux mais comme je suis disgracieux, ça fait rire les gens.» Garde la foi, Paul.

Julien Ménielle
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