A la question «Dans l’hypothèse où vous auriez l’habitude de télécharger illégalement, risquer la suspension de votre abonnement ou une amende de 1.500 euros vous ferait-il renoncer à cette pratique?», 69% des Français répondent oui. C’est ce que montre un sondage Ifop réalisé début juillet. Les sondés, représentatifs des Français de plus de quinze ans, expliquent aussi qu’ils sont en grande majorité (77%) prêts à surveiller l’usage d’Internet de leurs proches au cas où leur propre connexion serait en jeu.
>> Tout notre dossier Hadopi...
Ce sondage semble être déjà une victoire pour la Haute autorité dont le ministre de tutelle, Frédéric Mitterrand, a expliqué qu’elle était en grande partie là pour des soucis de pédagogie. Or les Français paraissent avoir compris la leçon: ils ne veulent pas d’amende, pas de suspension de connexion, pas d’emmerdes. Ils affirment d’ailleurs à 66% que les e-mails envoyés, premiers avertissements prévus dans la riposte graduée, seraient dissuasifs.
Mais si la tentation du téléchargement pouvait ne pas exister, si on pouvait leur donner une offre un peu décente pour pallier le téléchargement, ce ne serait quand même pas du luxe. Le moyen que les Français estiment le plus efficace pour lutter contre le téléchargement est ainsi l’impossibilité d’accéder aux sites illégaux (46% des sondés). Et 70% des sondés considèrent que la mise en place d’offres d’abonnement à des services de musique légaux pour moins de 10 euros par mois contribuerait à limiter le téléchargement illégal.
Il existe à l’heure actuelle beaucoup de sites de téléchargement légal (Fnac, Itunes store, …). Mais l’offre reste bien moindre, notamment pour les séries télévisées, qui ne sont parfois disponibles, sur itunes par exemple, que dans la langue du pays où vous vous trouvez. D’autres ne sont pas du tout accessibles en ligne. Ne pas les télécharger illégalement, c’est donc ne pas les regarder.
Les premiers e-mails d'avertissement partiront au plus tard le 27 septembre, selon le NouvelObs.com. «Nous avons reçu les premières saisines [mardi], leur explique Mireille Imbert-Quaretta, présidente de la Commission de protection des droits (CPD) en charge d'appliquer la riposte graduée. Si vous faites le calcul nous avons jusqu'au 27 septembre pour envoyer les recommandations», confirme-t-elle.