C'était «le procès à un milliard de dollars». Plus de trois ans de bras de fer entre Google, titan du web, et Viacom, le conglomérat géant des médias, qui possède notamment les chaînes MTV et CBS. Mercredi, le juge a tranché en faveur de Google. Viacom devrait rapidement faire appel.
Concrètement, le juge a estimé que YouTube/Google était protégé par la clause américaine dite du «safe harbor». Ce texte stipule notamment que les hébergeurs ne peuvent être tenus pour responsable de la présence de contenus illégaux, à condition qu'ils fassent le nécessaire pour les retirer une fois leur présence signalée.
Des vidéos volontairement dégradées
Le grand déballage d'emails, présentés par Viacom comme des pièces à conviction, n'y aura pas changé grand chose. «Le fait que les fondateurs de YouTube étaient au courant» de la présence de contenus violant la loi sur le copyright «ne suffit pas», estime le juge. Il rappelle qu'après avoir reçu une injonction le sommant de retirer 100.000 vidéos le 2 février 2007, YouTube s'est exécuté le lendemain et a retiré la quasi-totalité tous les clips.
Quid des vidéos toujours présentes après l'envoi de l'injonction? Le fait que Viacom, dans le cadre de campagnes virales, dégradait parfois volontairement la qualité des vidéos pour faire croire à du travail d'amateur et n'était plus capable de faire lui-même la différence, n'a sans doute pas aidé son cas.