Ils se devaient de reconquérir des internautes échaudés par l’adoption de la très contestée loi Hadopi, assimilée à une loi «anti-internet» pour beaucoup d’électeurs potentiels. Loi qui va se traduire par les premiers envois d’e-mails aux contrevenus supposés à partir de fin juin.
Du coup, trois des députés UMP les plus en pointe sur ces questions, Lionel Tardy, Patrice Martin-Lalande, ainsi qu’Hervé Mariton, ont préparé dare-dare un rapport sur le sujet, qu’ils ont dévoilé à la presse mardi matin. Objectif: occuper le terrain politique –largement investi par leurs concurrents – sur les thématiques liées à Internet. Histoire d’afficher une unité politique, au sein du groupe de travail idoine, une trentaine de députés UMP ont co-signé ce rapport, qui aboutira à une proposition de résolution présentée par le groupe UMP à l'Assemblée nationale.
Le titre est accrocheur: «Vive Internet! Liberté et règles dans le monde numérique». Rien de transcendant, ni de grandes révélations dans ce rapport un peu fourre-tout, mais l’essentiel est là: l’UMP s’offre une image plus djeun’s. Pour l’écrire, ils ont rencontré divers acteurs d'Internet: responsables de Facebook, de France Télécom, de Microsoft, de l’Arcep, gouvernement, journalistes, lycéens…
L’adoption de la loi Hadopi: un douloureux souvenir pour les trois députés, qui n’hésitent pas à souligner leurs réserves. Lionel Tardy avait voté contre Hadopi, Patrice Martin-Lalande s'était abstenu, et Hervé Mariton avait voté pour. «Ce n'est pas très futé d’avoir voté Hadopi», reconnaît-il. En clair, «il vaut mieux tourner la page Hadopi», lâche le député. Leur proposition de résolution vise justement à «sortir d'un malentendu qui laisse à penser que le législateur est dans une logique de défiance vis-à-vis de l'Internet».
Ce document à vertu pédagogique vise aussi à donner une position commune aux députés UMP sur les sujets-clés liés à Internet. Alors que, du côté du Sénat, le sénateur UMP Jean-Louis Masson a déposé une très polémique proposition de loi, pour mettre fin à l’anonymat des blogueurs.
«Notre rapport vise à empêcher que chacun dépose sa propre proposition de loi dans son coin tous les quatre matins, qui aboutirait à un édifice incohérent. On ne peut pas sortir des textes directement liés à l’actualité», souligne Lionel Tardy.
A travers ses propositions, le rapport balaie justement plusieurs sujets qui font débat: le respect de la propriété intellectuelle, l'identité numérique, la vie privée, la formation des citoyens à l'usage de l'internet… Des sujets sur lesquels «nos concurrents politiques sont offensifs», admet le trio de députés UMP.