Vous connaissez sûrement 123people, ce site qui agrège des données vous concernant, récoltées sur le web, sans vous le demander: adresse e-mail, numéro de téléphone, photos…
Lancé en 2008 par i5invest, un «incubateur» autrichien de start-ups, son rachat par le spécialiste des annuaires PagesJaunes (qui n’a plus de liens avec France Telecom depuis 2006), annoncé en mars dernier, a renforcé sa force de frappe.
Que trouve-t-on sur 123people ? A la requête «Capucine Cousin», il affiche une masse impressionnante de contenus: photos, vidéos, articles, billets… Normal, dans un sens, pour une journaliste. Mais on y trouve aussi des éléments plus profonds, comme les noms de domaines à mon nom qui sont disponibles, ou mon numéro de téléphone.
Le moteur de recherche est capable de rapatrier des billets ou articles vous concernant, d'hypothétiques adresses e-mails ou numéros de téléphone étant associés à vous – ou, plus ennuyeux encore, à des homonymes. Pour les numéros de tltéléphones, outre ceux des Pages Jaunes, il a noué un partenariat avec le 118 218. Problème, il fait aussi remonter des données plus confidentielles. «Certaines personnes inscrites sur liste rouge ont porté plainte, car leur numéro s’y affichait», précise à 20minutes.fr Patrick Refalo, directeur adjoint à la direction des usages et du contrôle de la Cnil.
Jusqu’à il y a peu, l'internaute n’avait aucun moyen pour supprimer certains éléments remontés par le moteur. Désormais, c’est possible, avec le tutoriel «Contrôle d’identité numérique» à partir duquel, ô miracle, on peut demander à 123People d’effacer les données nous concernant qui s’affichent! «Nous proposons depus 9 mois un service de retrait de liens, clairement identifié, avec un tutoriel amélioré dpuis 8 jours», précise à 20minutes.fr Erick Ostachy, responsable de la communication en France d'123people. En revanche, il est toujours «impossible de se faire blacklister auprès de 123people» pour ne plus y avoir sa page, admet-il.
Mais il faut être motivé: pour cela, il faut relever les adresses URL, une par une, et les envoyer par e-mail via l’interface du site. Si tout va bien, les liens sont retirés quelques jours après, y compris pour les encarts des Pages jaunes et des Pages blanches.
Autre solution pour l’internaute découragé: s'inscrire sur le site, pour trier à sa guise les informations affichées. Une démarche qu’attend 123people, puisqu’il vous fidélise ainsi…
Un site qui jongle avec les limites de la vie privée? 123people.com affirme ne communiquer aucune information personnelle protégée par mot de passe. Son argumentaire est bien élaboré: il collecte et ne publie que des informations publiques, accessibles librement sur la Toile, donc en quoi est-il attentatoire à la vie privée?
La Cnil, gardienne des données personnelles, s’est penchée sur le sujet: un groupe de travail a été ouvert en mars. Potentiellement, se posent les questions de «l’information préalable des personnes dont les données sont récoltées, leur droit d’opposition et de suppression des données, qui doit être aménagé, et le croisement de fichiers», précise Patrick Refalo.
Le sujet est complexe, puisque 123people, société autrichienne, n’est pas obligée de se conformer à la loi française et à la Cnil. Elle dit appliquer la législation autrichienne, et s’être déclarée à l’équivalent local de la Cnil.
Mails il est potentiellement explosif: la Cnil a reçu une quinzaine de plaintes, et «400 personnes ont exercé leur droit s’opposition auprès d’123people ces 15 derniers jours, nous a informés PagesJaunes», précise Patrick Refalo.
>> Et vous, que pensez-vous d’123people.com? Fichage, outil d’agrégation bien pratique?...