Bruno Bonnell: «Les robots vont transformer notre quotidien, de la même manière que les téléphones portables»

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Publié le 23 avril 2010.

INTERVIEW - L'ancien patron d'Infogrames en est certain, la prochaine révolution industrielle passera par les robots, et c'est pour bientôt. Il livre en avant-première, à la veille de la sortie de son livre sur la «robolution», sa vision de l'avenir...

«Balthazar, mon fils, aura mon âge actuel le lundi 13 mai 2056. Il vivra dans un monde complètement différent d’aujourd’hui, entouré des robots au travail et à la maison, assisté en permanence dans son quotidien de machines intelligentes.»

Ce n’est pas un prospectiviste qui tient ces propos, encore moins un écrivain dans la lignée de Georges Orwell: c'est Bruno Bonnell, le PDG de Robopolis, qui le dit. Un retour en fanfare. Il a été l'un des patrons les plus médiatiques des années 1990 à la tête d'Infogrames-Atari. Jusqu'à ce qu'il en soit brutalement débarqué en avril 2007. Depuis, le jeune quinqua (51 ans) s'est découvert une passion pour les robots. Au point d’en commercialiser avec sa nouvelle start-up, Robopolis, en décrochant la distribution exclusive en France de plusieurs machines, dont les robots ménagers Roomba et Scooba de la firme US iRobot.

Pour lui, c’est sûr, le prochain choc sera la «Robolution», sujet de son livre, Viva la robolution (ed. JC Lattès, 19 euros), qui sort le 5 mai. Il twitte même sur cela. Entretien.

Vous écrivez: «Après l’outil, après la machine, bienvenue dans l’ère du robot». Pour vous, c’est quoi la «Robolution»?

J’ai créé ce néologisme à partir de «robot» et «révolution» parce que j’ai l’a certitude que l’on va vers un monde qui sera bouleversé par l’arrivée des machines intelligentes. J’avais écrit en 1983 un livre «Pratique de l’ordinateur familial» alors que personne ne pensait que ces machines arriveraient dans les foyers. Je crois que c’est plus qu’une révolution industrielle, puisque les robots vont transformer notre quotidien, de la même manière que les téléphones portables.

C’est pour quand?

Cela s’effectue déjà, de manière progressive, mais pour moi, ça se fera d’ici à 20 ans.

Dans votre livre, vous parlez du robot-jouet, puis du robot de ménage qui nous habituent à avoir ces machines dans notre quotidien. Vous croyez surtout aux robots «de services»…

Nous sommes un peu les M. Jourdain de la robotique, on a déjà des robots dans notre quotidien sans y faire attention. Des milliers de Parisiens prennent le métro sur la ligne 14 (complètement automatisée, ndlr), qui est en fait un robot, les gens lui font confiance… Les jouets sont le cheval de Troie des robots.
Les robots ménagers sont déjà dans les foyers: le Roomba, vendu par ma société en France (Robopolis), c’est vendu à 5 millions d’exemplaires dans le monde, dont 100.000 dans l'Hexagone. Cette soucoupe rampante qui nettoie automatiquement sols et parquets et trouve son chemin toute seule est bien un robot.

On est dans un processus de transformation lente: il y a la domotique qui se développe partout, mais aussi les robots d’assistance aux personnes âgées, qui se développent au Japon et en Israël.

Justement, dans quels secteurs va-t-on plus voir débarquer des robots?

Déjà, le robot sera au service des malades, des personnes handicapés ou des personnes âgées. Par exemple, les exosquelettes ou «combinaisons robotiques» visent à améliorer la résistance ou la force des membres du corps pour des personnes âgées ou handicapées. La start-up japonaise Cyberdyne (du nom de la multinationale maléfique de la série Terminator...) a déjà conçu Hal, un costume robotisé destiné à améliorer les capacités physiques.

De manière plus générale, les robots pourront aussi remplacer l’homme dans les tâches les plus pénibles ou dangereuses. On peut aussi imaginer des robots travaillant dans le désert ou plongeurs sous-marins exploitant des ressources inaccessibles.

Vous préconisez un Plan robotique dans les écoles françaises…

L’Etat doit prendre position sur des axes de développement forts, dont la robotique. Imaginez: selon le cabinet américain ABI Research, il devrait passer de 700 millions de dollars cette année (avec 7 millions de robots vendus) à plus de 18 milliards de dollars en 2015 (avec 80 millions d'unités écoulées).

En France, c’est grâce au plan Informatique pour tous, lancé dans les années 1980, que des millions d’enfants ont pu accéder à des ordinateurs, et que l’on a un bon niveau en création de logiciels et de jeux. Dans un pays comme la Corée du Sud, qui veut être numéro 1 mondial en robotique, les cours informatiques au collège ont été remplacés par des cours de robotique. Or il n’y a pas de raison de laisser le monopole sur ce secteur à la Corée ou le Japon.

>> A venir sur 20minutes.fr : un diaporama de robots d'aujourd'hui et de demain

>> Et vous, que pensez-vous des robots? C'est l'innovation de demain, cela nous facilitera le quotidien, ça vous fascine, ou vous inquiète?...




Capucine Cousin
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