Un petit goût de survalorisation, qui n’est pas sans rappeler certains précédents du début des années 2000. En tous cas, le réseau social Foursquare, qui cherche actuellement à lever des fonds, serait actuellement valorisé à 100 millions de dollars, d’après le site américain Business Insider . Yahoo! serait en pourparlers avec le fondateur, Dennis Crowley, qui a vendu sa première start-up à Google, Dodgeball (un réseau social par SMS), en 2005. Ce dernier discuterait aussi avec Apple, Facebook et Twitter.

Cette fois-ci, la petite start-up qui monte est le réseau social mobile américain Foursquare. Il intéresse donc les investisseurs, mais conquiert aussi le grand public – il revendique plus de 500 000 utilisateurs à ce jour - donc bien au-delà de la sphère des geeks. L’occasion de passer en revue ce nouveau réseau social, utile – ou futile.

Réseau social mobile ludique

Ce réseau social mobile permet à chaque membre de s'auto-géolocaliser à partir de son application iPhone (ou Blackberry, Android, ou Palm), pour dire où il est à l'instant T : pour signaler un lieu qu'il aime bien, pour suggérer à ses contacts membres du réseau à proximité de le rejoindre... Ces informations étant relayées sur Facebook ou Twitter. Des concepts repris par le nouveau-né Français Plyce. A noter que ce service a déjà été lancé dans plusieurs capitales.

L’utilisation est simple: une fois l’application téléchargée, l’internaute peut importer la liste de ses contacts Facebook et Twitter pour effectuer un «check-in», c'est-à-dire pointer l'endroit où il se trouve. Il peut aussi ajouter un avis sur le lieu fréquenté (café, magasin...), partager de bonnes adresses ou de bons plans dans sa ville ou son quartier.

La différence par rapport à Plyce: en avertissant de leur présence (le fameux «check-in»), les internautes gagnent des points (des badges), et ils peuvent même devenir le Maire virtuel (Mayor) du lieu ou de la ville où ils se trouvent.

En fait, il y a déjà eu quelques tentatives (plus ou moins réussies) de réseaux sociaux mobiles, parfois avec une dose de géolocalisation: avec par exemple Mobiluck, Brightkite, Aka Aki... Mais là, ce qu'il y a de nouveau, est que l'on y ajoute une «couche» de recommandation (donc de l'info à valeur ajoutée) apportée par le mobinaute.

Nouvel Eldorado pour les marques

Dans quoi réside le vrai potentiel? Sans doute, déjà, le système de «badges» mais surtout les «tips», ces bons plans signalés par Foursquare, qui vont des bonnes adresses du service similaire (resto japonais, bar...) à celle où s'est localisé l'internaute, aux réductions et autres happy-hour offertes. Forcément, cela fait déjà saliver les agences de pub et les marques. De fait, en proposant une réduction sur mesure aux connectés à Foursquare, rien de tel pour cibler une nouvelle clientèle...

D'ailleurs, Foursquare permet aux entreprises (siège social, bar, resto...) de se géolocaliser d'elles-mêmes, pour permettre aux clients de les retrouver. Certaines ont noué des partenariats avec Foursquare. Comme le guide culinaire américain Zagat, avec à la clé des badges pour les utilisateurs qui se rendent dans les adresses présélectionnées par le guide (et le font savoir sur Foursquare). Idem pour les utilisateurs se connectant dans un Starbucks Coffee, avec un badge s'ils commandent dans cinq cafés différents.

Ce qui, forcément, induit quelques risques en matière d'exposition de la vie privée. Pour la Commission nationale de l'informatique et des libertés (Cnil), «ce type de réseaux sociaux permet un ciblage commercial très fin, non seulement selon les goûts des inscrits, mais aussi de leur localisation. C’est la clé du financement de ces start-up, qui nouent des partenariats commerciaux», souligne Yann Padova, secrétaire général de la Cnil. Un élément dont l’internaute doit être conscient avant de s’inscrire.